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"Rosemary's baby", "Le Parrain", "Chinatown", "Marathon man" : ces films ne se seraient peut-être pas faits sans le producteur Robert Evans qui, après avoir participé activement à la popularisation du pantalon chez les femmes dans les années 60, a fait remonter en deux temps trois mouvements la Paramount, qui sombrait avant son arrivée, à la première place des grands studios.
Cet homme hors du commun savait parfaitement ce qu'il fallait pour qu'un film remporte tous les suffrages, il avait tout compris. Il avait le sens des affaires, l'esprit d'entreprise et du flair.

Et pour ne rien gâcher, il était séduisant.
Ali MacGraw, l'héroïne de "Love story", succomba d'ailleurs à son charme, l'épousa...



... pour tomber par la suite dans les bras du non moins séduisant (et c'est peu dire) Steve McQueen sur le tournage du "Guet-apens". Ce sera le 3ème divorce de Robert Evans, mais pas son dernier !

 

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Ses débuts comme acteur

Né le 29 juin 1930 à New York, de son vrai nom Robert J. Shapera, Robert Evans débute à 11 ans comme acteur radiophonique.
Il participe à plus de 300 émissions, puis lance son propre programme de variétés et, devenu à 17 ans le plus jeune animateur radio des États-Unis, s'illustre également dans des dramatiques télévisées comme "Elizabeth and Essex".

En 1957, Norma Shearer, veuve d'Irving Thalberg, le recommande à Universal pour incarner le légendaire nabab de la MGM dans "L'homme aux mille visages".

 

 

 

Quelques mois plus tard, le producteur
Darryl F. Zanuck l'engage pour interpréter
le toréador Pedro Romero dans
"Le soleil se lève aussi".


En 1958, il tient la vedette de "The friend who walked the West", western de Gordon Douglas où il reprend le personnage de "méchant" immortalisé 10 ans auparavant par Richard Widmark dans "Le carrefour de la mort". En 1959, il fait sa dernière apparition à l'écran dans "The best of everything".

Son détour par la mode

Il dirige alors pendant 5 ans la société de prêt-à-porter Evans-Picone Inc, en association avec son frère Charles ainsi que Joseph Picone.

Sa carrière de producteur

Puis il revient au cinéma. Après avoir acheté les droits du best-seller de Jacqueline Susann "La vallée des poupées", il occupe le poste de vice-président/chargé de production à la Twentieth Century Fox.
En août 1966, il entre à la Paramount, où il assure d'abord les fonctions de chargé de production pour l'Europe.

Puis, à l'âge de 34 ans, il est nommé directeur général de production de Paramount Pictures. Il tiendra ce poste pendant une dizaine d'années et y sera responsable de succès internationaux comme "Rosemary's baby", "Le Parrain", "Chinatown", et "Marathon man", "Le Parrain, 2ème partie", "Harold et Maude", "Lady sings the blues", "Roméo et Juliette", "Cent dollars pour un shérif", "Drôle de couple", etc.


Mario Puzo, Francis Ford Coppola, Robert Evans et Al Ruddy
à une conférence de presse pour "Le Parrain"

Al Ruddy, Al Pacino, Robert Evans et Francis Ford Coppola
à la première du "Parrain"

Redevenu indépendant en 1974, il engage Roman Polanski pour réaliser "Chinatown" qui vaudra l'Oscar du meilleur scénario original à Robert Towne. Le film recueillera également 10 autres citations, 4 Golden Globes (meilleur film, meilleur acteur, meilleur réalisateur, meilleur scénario) ainsi que 2 British Academy Awards (meilleur acteur et meilleur scénario).

Robert Towne, Jack Nicholson et Robert Evans ("Chinatown")

 
Mia Farrow, Robert Evans et Roman Polanski
sur le tournage de "Rosemary's baby"

William Castle, Mia Farrow et Robert Evans
sur le tournage de "Rosemary's baby"


Robert Evans et Roman Polanski


Robert Evans et Jack Nicholson

Par la suite, il collaborera avec John Schlesinger ("Marathon man") et John Frankenheimer ("Black sunday"), ainsi qu'avec, entre autres, Francis Ford Coppola ("Cotton Club") et Robert Altman ("Popeye").

Enfin, faisant preuve d'éclectisme du point de vue des genres, mais d'un goût assez déplorable, il produira notamment "Sliver", "Jade", "Le fantôme du Bengale", "Le Saint", "Escapade à New York" et "Comment se faire larguer en 10 leçons"... Quelle déchéance !

L'histoire d'une fulgurante ascension, d'une chute et d'une nouvelle ascension

Robert Evans publie en 1994, aux éditions Hyperion, son autobiographie sous le titre "The kid stays in the picture" (L'Enfant gâté d'Hollywood).
L'ouvrage rencontre un grand succès lors de sa commercialisation sous forme de cassette audio en 1997, le talent de conteur d'Evans, qui a lui-même enregistré le texte, ayant fortement contribué à la réussite de l'entreprise.
Cette bande sonore a été utilisée en guise de commentaire en voix off dans le documentaire éponyme inspiré du best-seller, réalisé par Brett Morgen et Nanette Burstein, présenté au festival du film de Sundance de 2002 et sorti sur les écrans en France l'été 2005.


bande annonce du documentaire (VO)
 

Le titre du livre et du film fait référence à la phrase prononcée lors du tournage du "Soleil se lève aussi" par le producteur Darryl F. Zanuck, qui a entendu ainsi préciser à l'équipe, très hostile à la présence de Robert Evans, que ce dernier jouerait bien le rôle du torero dans le film, en dépit de leurs protestations.

Brett Morgen fait le portrait du producteur hors-normes :
"Robert Evans est un personnage à la Zelig de la seconde moitié du XXe siècle. Il a connu les plus belles femmes de ces 50 dernières années, d'Ava Gardner et Lana Turner à Kathleen Turner, pour n'en nommer que quelques-unes. Ses meilleurs amis sont
Jack Nicholson, Warren Beatty ou Henry Kissinger. Il a écrit des discours pour 4 Présidents. Il n'y a pas une personnalité de ces 50 dernières années sur laquelle [il] n'ait pas une incroyable anecdote personnelle à raconter. On lui doit également quelques-uns des plus grands films de ces 30 dernières années (...) Voici un homme qui va jusqu'aux dernières extrêmités : vous faites l'amour avec 3 filles, il le fait avec 30. Vous faites un gros film, il en fait une douzaine."


Robert Evans, Shirley MacLaine et Henry Kissinger


Ali MacGraw, Robert Evans et Henry Kissinger


Henry Kissinger et Robert Evans

 



Catherine Deneuve, Robert Evans et Faye Dunaway


NB
: Il est fortement déconseillé de ne pas regarder le générique de fin du film jusqu'au bout :
Dustin Hoffman dévoile en effet ses dons d'imitateur lors d'une séquence désopilante, pendant que défile le générique. Ce document avait été filmé lors du tournage de "Marathon man".

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