It's only a movie... it's only a movie...
| titre original | "Last house on the left" |
| année de production | 1972 |
| réalisation | Wes Craven |
| remake | "La dernière maison sur la gauche", Dennis Iliadis, 2009 |
Le 2ème film de Wes Craven (le premier, effacé de la plupart des filmographies, était un porno), à qui une petite maison de
production accorda 3 semaines pour écrire et tourner le film d'horreur le plus scandaleux qui ait été réalisé jusqu'alors.
Tournage : la plupart des scènes du film ont été réalisées chez la mère du jeune producteur (qui devait rapidement connaître la notoriété avec la série des "Halloween").
Presse
française
"Difficile d'aller plus loin dans le malsain, dans la description hyperréaliste d'actes particulièrement ignobles."
Pierre Charles, Ciné-Choc, juin 1985.
Review de
Pierre
"La dernière maison sur la gauche", c'est le premier film de Wes Craven, cinéaste aujourd'hui détesté par les fans de films d'horreur pour cause "Scream", "Cursed", etc.
C'est un survival assez crado, avec images granuleuses et acteurs inconnus, typiques
70's. Mais ce n'est pas le film traumatisant qu'il était peut-être à l'époque, et
qu'on essaye de nous vendre comme tel aujourd'hui. Ca garde tout de même un certain impact, ceci dit.
Attention, spoiler ! Le pitch : deux jeunes meufs se font kidnapper par une bande de criminels sexuels malade mentaux, dont le leader est
assez effrayant. Ca finira très mal pour elles deux. Mais ce qui semble intéresser beaucoup plus Craven, c'est la seconde partie, où les parents se vengent des
criminels.
Ca vire aux "Chiens de paille" avant l'heure (puisque c'est antérieur de
4 ans), dans lequel les gens civilisés se vautrent dans la violence la plus cradingue. C'est aussi une vision de la cellule familiale qui se désagrège et de la fin des idéaux du
flower power. Enfin, c'est comme ça que je l'interprète, mais on peut en dire un peu tout et n'importe
quoi. En tout cas, il y a une claire parenté avec le rape revenge movie type "Œil pour œil", dont j'ai parlé dans un sujet assez
définitif sur la question.
Craven fera bien pire par la suite, notamment 2 ans plus tard avec "La colline a des yeux", très prisé mais que j'ai toujours trouvé très chiant.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Wes Craven se destinait à priori à une
carrière d'écrivain plutôt que de cinéaste. « Je n'ai fréquenté les salles de cinéma que tardivement, dans la mesure où j'ai été élevé dans un cadre familial et religieux strict qui n'approuvait
pas que les enfants voient des films », raconte-t-il. « J'ai donc grandi en lisant des livres. Ce n'est qu'en devenant enseignant que j'ai pu me rattraper, grâce à un cinéma d'art et d'essai qui
passait de nombreux grands classiques européens. J'ai ainsi découvert les films de Renoir, de Fellini, de Truffaut. Fasciné par ces œuvres magnifiques, j'ai finalement démissionné pour partir à
New York travailler dans le cinéma. » (1) Là, notre homme accumule les petits boulots, de coursier à synchroniseur de rushes, jusqu'à sa rencontre avec le producteur Sean S. Cunningham, qui finance des petits films de fiction tournés en 16 mm avec des moyens techniques de
documentaires.
« Les exploitants réclamant à Sean un film d'horreur, il a fini par me proposer d'en écrire le script »,
continue Craven. « S'il était convaincant, j'aurais la
possibilité de le réaliser et de le monter moi-même. Le problème, c'est que je n'y connaissais rien. Pour moi, les films d'horreur se résumaient à des squelettes cachés dans des placards ! » (2)
Pourtant, ce cinéphile invétéré se prête habilement au jeu et livre l'un des films d'horreur les plus influents des années 70. Le script, d'une grande simplicité, raconte l'enlèvement, le viol,
la torture et le meurtre de deux jeunes filles par quatre dangereux criminels en cavale.
Etrangement, Craven emploie des ballades folks et pop
joyeuses en guise de bande originale, créant un décalage intéressant avec le climat malsain du film et dédramatisant presque les séquences de suspense, notamment lorsque l'une des captives tente
de s'échapper.
On peut en revanche s'interroger sur la pertinence des deux éléments comiques du film, deux policiers patauds
et partisans du moindre effort qui rivalisent de bêtise et d'inefficacité. Mais lorsque surviennent les meurtres, la crudité de la mise en scène (due à l'extrême pauvreté d'un budget estimé à 80
000 dollars) les dote d'un réalisme et d'une brutalité inattendus. L'originalité du film consiste d'ailleurs à adopter à tour de rôle le point de vue des victimes et celui des assassins (avec en
tête l'impressionnant David Hess, que Craven allait retrouver dans "La créature du marais")... jusqu'à ce que
les rôles ne s'inversent. Car l'ironie du sort veut que les tueurs trouvent refuge dans la maison des parents d'une des victimes. Et lorsque ces derniers comprennent à qui ils ont affaire, la
vengeance est largement à la hauteur du crime...
Si le propos est fort, cette partie du récit manque singulièrement de cohérence. En effet, la vengeance en
question est froide et méthodique, ce qui ne colle pas avec la douleur indescriptible de deux parents découvrant tout juste qu'ils abritent les assassins de leur fille. Le paroxysme final est
tout de même assez dérangeant : tout se finit au couteau, à la tronçonneuse et même à coups de dents ! Succès commercial inattendu, "La dernière maison sur la gauche" rapporta
plus de 20 millions de dollars, soit plus de 200 fois son budget, et propulsa la carrière de Wes Craven.
(1) et (2) propos recueillis par votre serviteur en octobre
2005
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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