Maudite maison !

Amityville, la maison du diable

titre original "The Amityville horror"
année de production 1979
réalisation Stuart Rosenberg
musique Lalo Schifrin
interprétation James Brolin, Margot Kidder, Rod Steiger
   
suites "Amityville 2, le possédé", Damiano Damiani, 1982
  "Amityville 3D", Richard Fleischer, 1983
   
remake "Amityville", Andrew Douglas, 2005


Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

A la base d'"Amityville, la maison du diable", il y a un fait divers réel qui fit couler beaucoup d'encre au milieu des années 70. Le massacre d'une famille de six personnes aux alentours de New York et des phénomènes surnaturels observés sur les lieux du crime servirent ainsi de base à un roman signé Jay Anson, puis à un scénario de Sandor Stern mis en image par Stuart Rosenberg ("Luke la main froide").

Lorsque le film débute, nous apprenons que Ronald de Féo a abattu au fusil sa mère, son père, ses deux frères et ses deux sœurs pendant leur sommeil, dans la nuit du 12 au 13 novembre 1974. Un an plus tard, la maison coloniale de dix pièces où se déroula le drame est acquise pour le prix très attractif de 80 000 dollars par un jeune couple, George et Kathleen Lutz. Peu superstitieux et parfaitement au courant de la tragédie passée, George emménage avec Kathy ainsi qu'avec les trois enfants que cette dernière a eu d'un précédent mariage, Matt, Greg et Amy.

Amityville, la maison du diable - James Brolin & Margot Kid Amityville, la maison du diable - Margot Kidder 1

Mais bientôt, plusieurs incidents étranges assaillent cette famille tranquille, notamment un courant d'air glacial et une invasion de mouches. Les Lutz font appel à une poignée de religieux de leur connaissance, notamment leur tante Helena et le père Delaney, mais leur intervention ne fait qu'aggraver la situation. Toutes les nuits à 3h15, George doit affronter les forces qui veulent s'emparer de sa personnalité, tandis que sa fille Amy s'amuse avec Jody, un inquiétant ami invisible. Dépêchée sur les lieux, la police ne trouve aucune explication tangible à ces événements. Le soir du 28ème jour, pendant une tempête, la demeure maléfique se réveille pour un ultime déchaînement.

Amityville, la maison du diable - James Brolin 2 Amityville, la maison du diable - Natasha Ryan

Les faits authentiques qui servent de base au film lui assurèrent au moment de sa sortie une belle couverture médiatique, le producteur Samuel Z. Arkoff (partenaire de longue date de Roger Corman) affirmant avec un bel aplomb que tout ce qui est décrit dans le film - à l'exception de la scène du sang dégoulinant sur les murs et les escaliers - est réellement arrivé. L'"histoire vraie" est une formule à vrai dire commode et attractive. Le film bénéficie de l'interprétation solide de deux comédiens fort charismatiques, James Brolin ("Capricorn One") et Margot Kidder ("Superman : le film") dans le rôle du couple Lutz. Le choix de l'aspect physique de la maison elle-même est fort judicieux, avec ses deux larges fenêtres allumées comme les grands yeux diaboliques d'un visage effrayant, tandis que la partition de Lalo Schifrin, orchestrée en partie à l'aide de chœurs enfantins, sait créer l'inquiétude à maintes reprises.

Amityville, la maison du diable - James Brolin 1 Amityville, la maison du diable - Margot Kidder 2

Malgré tous ces atouts, Stuart Rosenberg a tout de même raté une grosse partie de son entreprise. Chaque fois que l'angoisse s'installe et que le climat devient pesant, la scène se détend brusquement et l'ambiance est brisée, perdant tout son impact. Du coup, seules quelques rares séquences choc tiennent en éveil, comme l'éclat surprenant des yeux félins de l'invisible Jody dans la nuit, l'attaque des mouches, ou encore l'apparition du visage de George dans la cave. Le film eut cependant suffisamment d'impact pour traîner dans son sillage 3 séquelles et un remake.

Amityville, la maison du diable - générique

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