Sunday bloody sunday
| titre original | "Black sunday" |
| année de production | 1977 |
| réalisation | John Frankenheimer |
| scénario | d'après le roman éponyme de Thomas Harris |
| musique | John Williams |
| interprétation | Robert Shaw, Bruce Dern, Marthe Keller |
Review de Sébastien Miguel
Avec "Black sunday", Robert Evans (producteur du "Parrain", de "Chinatown"…) tente de réitérer
le succès des grands films catastrophes des années 70.
Le film, produit hollywoodien oblige, se clôture (poncif du genre) par une immense scène de panique : une centaine de figurants hurlent de terreur face à
la menace d’un dirigeable en perdition. Malgré la présence de la star (Robert Shaw) et du
compositeur des "Dents de la mer" (John Williams), ce "Dimanche noir" n'obtiendra qu'un succès relatif et peinera à rentrer dans ses frais.
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Pourtant, le film affiche d'autres ambitions que celle d'un simple spectacle catastrophe. Moins un film d'action que le portrait d’un groupe brisé par la guerre,
"Black sunday" reste passionnant. Frankenheimer déploie avec ampleur son récit
sur plus de deux heures, les vastes prises de vue aériennes insufflant une dimension épique au thriller politique. Le film suit de manière méticuleuse les divers protagonistes lors du long
processus de l’attentat : de l’Egypte aux Etats-Unis, des achats d’armes à la construction de la bombe… Frankenheimer retarde le climax tant attendu et parsème son histoire de rebondissements
gardant astucieusement le spectateur en haleine. La partition de Williams, passant
progressivement d'atmosphères intimistes (à la Bernard Herrmann) à d'immenses envolées symphoniques, illustre magistralement l'escalade dans la violence qui frappe le film dans son dernier tiers.
Homme usé et trop âgé, Robert Shaw exprime à merveille ce mélange de doutes et de remords, le
final l'assimilant à un justicier impitoyable relevant malheureusement des conventions les plus commerciales.
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Malgré un Bruce Dern dans l'outrance, le choix de Marthe Keller s'avère plus heureux. L'actrice venait d'incarner l'héroïne sensible de
"Bobby Deerfield" et
elle dessine subtilement le portrait d'une femme déterminée et ambiguë.
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Le traumatisme du Vietnam, les horreurs du conflit israélo-palestinien et l’ombre funeste des attentats de Munich planent sur tout le film.
Le climax final reste invraisemblable (avec effets spéciaux assez approximatifs), mais il remplit son contrat en laissant à "Black
sunday" toute sa richesse et son ambiguïté.
Auteur d'œuvres aussi belles et riches que "Les parachutistes arrivent", "Le pays de la violence", "The iceman cometh", "French connection
II" et même "Black sunday", John
Frankenheimer ne retrouvera plus jamais sa créativité et son incroyable maîtrise dans les films à venir.

Référence
Comme Marthe Keller dans "Black Sunday", Daryl Hannah se déguise en infirmière tueuse pour "Kill Bill" de Quentin Tarantino.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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