| titre original | "The Beguiled" |
| année de production | 1971 |
| réalisation | Don Siegel |
| photographie | Bruce Surtees |
| musique | Lalo Schifrin |
| direction artistique | Alexander Golitzen |
| interprétation | Clint Eastwood, Geraldine Page, Elizabeth Hartman, Jo Ann Harris, Pamelyn Ferdin |
Review de Sébastien Miguel
« Si l’on juge un cinéaste sur ses plus grandes réussites, alors Don Siegel est l’un des plus grands cinéastes du cinéma
américain ! » Bertrand Tavernier à propos des "Proies" *
Unique incursion de Don Siegel dans le cinéma
européen : on pense à Bergman et ses univers clos remplis de frustrations sexuelles, de jalousies et de démences. Le style du film, baroque, tonitruant et d’un équilibre rare, évite le clinquant
et le tape à l’œil pour emporter le spectateur dans un tourbillon de passions violentes. Splendide photo de Bruce Surtees et belle partition de Lalo Schifrin.
Ancien monteur à la Warner (il monta "Casablanca" !), Don
Siegel se permet beaucoup : brutales éruptions de flash-back en images subliminales, ruptures de tons, fondus symboliques et fulgurants - comme ce baiser, que donne le soldat à la
petite fille, filmé avec cette surimpression incongrue de chevaux galopant au ralenti. Eastwood
pulvérise son image et se révèle un acteur de composition absolument admirable. Les voix intérieures des protagonistes apprennent en quelques secondes (et avec une économie remarquable) la
complexité de ces femmes corsetées par des institutions étouffantes.
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Stupéfiant de maîtrise, le film n’évite pourtant pas une certaine misogynie. Pour Siegel, les pensionnaires de cette demeure sinistre forment (avec leurs névroses
et leurs désirs) l’image d’une femme unique et forcément monstrueuse. Fragilité et pureté (Elizabeth Hartman, déjà magnifique dans "Le Groupe" de Sidney Lumet), calculatrice et hypocrite
(Geraldine Page, juste parfaite) et lolita affriolante (ravissante Jo Ann Harris).
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Perdu au milieu de cet univers exclusivement féminin, le mâle (Eastwood plus antihéros que jamais) ne pourra y rencontrer que la castration (amputation de la jambe) et la mort.
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Echec public à sa sortie, Eastwood attendra 12 ans avant de
remettre en cause sa stature mythique avec son très beau et très émouvant "Honkytonk man".
* Interview sur le DVD de "L’homme en fuite" de Don Siegel chez Sidonis Calysta Vidéo
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Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Un film gothique et flamboyant qui attira - enfin - l'attention de la critique sur les qualités d'Eastwood comédien.
Don Siegel et Clint Eastwood : cliquer ici.
![]() Clint Eastwood & Geraldine Page sur le tournage |
![]() Clint Eastwood sur le tournage |
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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