Dans l'espace, personne ne vous entend crier
| titre original | "Alien" |
| année de production | 1979 |
| réalisation | Ridley Scott |
| scénario | Dan O'Bannon et Walter Hill |
| musique | Jerry Goldsmith |
| interprétation | Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, |
| Veronica Cartwright, Yaphet Kotto | |
| récompense | Oscar des meilleurs effets visuels |
| suites | • "Aliens, le retour", de nouveau avec Sigourney Weaver, 1986 |
| • "Alien3", encore avec Sigourney Weaver, 1992 | |
| • "Alien, la résurrection", toujours avec Sigourney Weaver, 1997 | |
| autres apparitions d'Alien | • "Alien vs. Predator", 2003 |
| • "Aliens vs. Predator : requiem", 2007 |
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![]() Nostromo : nom du vaisseau |
![]() Weyland-Yutani Corporation : nom de la Compagnie |
Le nom Nostromo est celui d'un roman de Joseph Conrad.
Le nom Weyland-Yutani est une invention de Rob Cobb, l'un des designers du film. Il est inspiré du nom British Leyland (ancien nom de
Rover). L'adjonction d'un nom japonais avait pour but de suggérer l'idée que l'immense conglomérat résultait de la fusion d'une entreprise britannique et d'un fabriquant japonais. Dans
l'impossibilité d'utiliser le nom de Toyota, Cobb utilisa celui de Yatuni, l'un de ses voisins (il existe bel et bien une compagnie japonaise du nom de Yutani, fabricante de
matériel pneumatique). "Building better worlds" ("Nous construisons des mondes meilleurs") est le slogan de la Compagnie.
La version "director's cut"
Une nouvelle version est sortie au cinéma en 2003 (puis en DVD). Elle ne présente que de légères différences avec l’œuvre originelle : certains plans ont été élagués afin d’améliorer le rythme.
Par ailleurs, deux scènes ont été ajoutées : une dispute entre Lambert (Veronica Cartwright) et Ellen Ripley (Sigourney Weaver), et la découverte du capitaine Dallas (Tom Skerritt) enfermé dans
un cocon.

Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Ce film mélange horreur (le monstre) et science-fiction (le vaisseau spatial) avec un grand bonheur.
Ce qui frappe surtout, c'est sa beauté plastique.
Imaginé par Giger, le décor de Nostromo est d'une grande richesse inventive.
Quant au monstre, qu'on ne fait qu'entrevoir sous ses multiples formes, il n'en est que plus impressionnant.

Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Les extra-terrestres agressifs et les voyages dans l'espace étaient loin d'être des sujets révolutionnaires en 1979, mais le traitement d'"Alien", tant du point de vue narratif
que visuel, lui confère une nouveauté décisive. Deux ans après "La guerre des étoiles", "Alien" revendique ainsi une approche différente du contexte science-fictionnel :
banalisation, obscurité, saleté, « héros » très conventionnels... Une fois ce contexte hyperréaliste mis en place, le film entre de plain-pied dans l'épouvante qui, dès lors, prend amplement le
dessus sur la SF. Et dans le jeu de la peur, Ridley Scott réussit à aller très loin,
maniant avec une efficacité rare le classique triumvirat suspense/angoisse/surprises.
L'astronef Nostromo, vaisseau commercial transportant et raffinant du minerai, rentre sur terre lorsqu'il est détourné par un signal mystérieux. Les ordres de la compagnie affrétant
l'astronef sont formels : toute activité d'origine extra-terrestre doit être élucidée. L'ordinateur de bord réveille donc l'équipage de son hibernation et dirige le vaisseau vers la source du
signal. Celui-ci provient d'un titanesque engin extra-terrestre, naufragé probablement depuis des siècles, sur une planète peu hospitalière. Au cours de leur exploration du navire spatial, un des
membres de l'équipage, Kane, découvre une espèce d'œuf d'où jaillit une créature tentaculaire qui traverse son casque et se fixe à son visage. La chose lui pond un œuf dans le ventre. L'œuf éclôt
après que Kane ait été ramené à bord et un monstre s'échappe par le ventre du malheureux qui meurt sur le coup. Doué de capacités extraordinaires pour survivre et s'adapter, l'extra-terrestre
élimine alors un à un les membres de l'équipage.
Tandis que le scénario de Dan O'Bannon recycle habilement des influences composites, notamment "La planète des vampires"
de Mario Bava, "It the terror from beyond space" d'Edward L. Cahn et l'incontournable "2001 : l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick, Ridley Scott se délecte à ponctuer ce récit référentiel d'indices psychanalytiques. Ainsi, l'ordinateur de bord répond-il au nom de « maman », le canon
extra-terrestre fossilisé a-t-il une forme explicitement phallique, les œufs extra-terrestres sont-ils dotés d'ouvertures vaginales...
La mise en scène exemplaire de Scott, esthète accompli ayant fait ses premières armes
dans le film publicitaire, se double d'une direction artistique « biomécanique » fort originale signée H.R. Giger, d'effets spéciaux très crédibles, et d'une
brochette de comédiens excellant dans la sobriété.
« Je crois qu'un casting solide est la clé de la réussite », nous expliquait Scott. « Le
plus gros travail consiste donc à trouver les bons acteurs et à les réunir. A ce titre, je suis très fier d'avoir découvert Sigourney Weaver pour "Alien". Je suis un réalisateur qui parle peu à ses acteurs. Ma direction
est très minimaliste. Lorsque je sais que je suis en affinité avec mes comédiens, je n'ai pas à les diriger, mais plutôt à les libérer, les relâcher pour qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes. »
(1) Sigourney Weaver, John Hurt et
Harry Dean Stanton n'avaient pas encore accédé au vedettariat à l'époque, et la
crédibilité de leurs personnages n'en est que plus grande dans ce premier "Alien", qui allait entraîner 4 séquelles officielles et une incalculable myriade de
plagiats.
(1) propos recueillis par votre serviteur en avril 2005
Couverture de Cinefantastique n°1 de 1979
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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