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titre original
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"Duel"
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année de production
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1971
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réalisation
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Steven Spielberg
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scénario
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Richard Matheson, d'après sa propre nouvelle
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interprétation
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Dennis Weaver
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récompense
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Grand prix au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1973
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Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Premier long-métrage officiel de Steven
Spielberg, mais en réalité 3ème si l'on tient compte de 2 épisodes de séries télévisées de même durée, "Duel", quoique étant originellement
une production télévisuelle destinée au petit écran, est souvent appréhendé comme un film tant est grande et efficace la maîtrise technique de son auteur, qui ne l'a pourtant tourné qu'en 16
jours.
Poussant à la limite de l'absurde une situation banale, le cinéaste, avec un sens du rythme et de l'espace sans pareil, a signé un road movie onirique en forme de thriller haletant et
angoissant, qui tient de la fable sur la société américaine.
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Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Si l'on résume l'histoire de "Duel", il n'y a pas à priori de quoi s'enthousiasmer. Sur une route californienne, David Mann (Dennis Weaver), un automobiliste, a remarqué
qu'un énorme camion lui cherche noise, et il essaie de le semer. Bientôt, les provocations du camion dépassent les simples jets de fumée nauséabonde ou les queues de poisson. Le poids lourd tente
carrément d'écrabouiller la petite automobile rouge. Terrifié, Mann cherche par tous les moyens, mais en vain, à découvrir l'identité du camionneur fou.
Sur un canevas réduit ainsi à sa plus simple expression, Spielberg a bâti une œuvre à suspense
aux frontières d'Alfred Hitchcock (on pense à Janet Leigh au volant de sa voiture dans "Psychose") et de "La quatrième dimension", le rapprochement avec la série de Rod Serling s'expliquant en
partie par la présence de Richard Matheson au poste de scénariste.
Mais il est évident, et il le sera encore plus dans la suite de son œuvre, que Spielberg adore plonger les personnages ordinaires dans des situations extraordinaires.
L'identification avec David Mann n'en est que plus aisée pour le spectateur, ignorant comme lui pourquoi il a été choisi comme cible par un camionneur qui restera une entité complètement
mystérieuse. Le doute plane d'ailleurs jusqu'au bout quant à la nature de l'agresseur. Avons-nous affaire à un tueur psychopathe ayant troqué le couteau ou la hache contre un poids-lourd ?
S'agit-il d'une entité surnaturelle, ce qui expliquerait la vitesse impensable à laquelle se déplace le semi-remorque lors de ses « accès de fureur » ? A moins qu'il n'y ait aucun chauffeur et
que le camion soit animé d'une vie propre, comme le laisse imaginer la séquence du snack-bar où David Mann cherche en vain à identifier le routier alors que le véhicule semble l'attendre, seul,
sur le parking ?
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Road movie d'un genre très particulier tourné en peu de temps (16 jours),
avec un petit budget et un matériel léger, "Duel" contourne ces handicaps par un découpage savant, à base de multi-angularités et de jeux sur les avant-plans qui
deviendront les marques de fabrique de Spielberg. Il est d'ailleurs intéressant de constater que le découpage des séquences où la voiture est prise en chasse
par le poids lourd sera repris presque à l'identique dans "Jurassic Park" au moment où le tyrannosaure course la jeep. Car l'efficacité des
cadrages et du montage ne dépend ni du budget, ni de l'époque. C'est une valeur sûre universelle. L'affiche de "Duel" transfigure d'ailleurs l'image du camion jusqu'à lui
donner les allures d'un dinosaure carnassier, sosie du tyrannosaure du poster de "Jurassic Park". Prémonition ou
suite dans les idées ?
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A la base, "Duel" est un téléfilm exemplaire que bon nombre de productions conçues pour le
grand écran devraient prendre pour modèle, tant sa mise en scène et son art de la capture de l'intérêt sont savamment maîtrisés. Il connaîtra d'ailleurs les honneurs d'une sortie en salle en
Europe, suite à un remontage et à l'ajout de quelques scènes additionnelles.