Les mâchoires du bayou

| titre original | "Eaten alive" aka "Starlight slaughter" aka "Horror hotel" aka "Legend of the bayou" |
| année de production | 1977 |
| réalisation | Tobe Hooper |
| musique | Tobe Hooper |
| interprétation | Neville Brand, Mel Ferrer, Carolyn Jones, Marilyn Burns, William Finley, |
| Stuart Whitman, Robert Englund | |
| récompenses | • Grand prix au festival du film fantastique de Paris 1978 |
| • Prix d'interprétation masculine pour Neville Brand au festival de Paris 1978 |
Review de Sébastien Miguel
Perdu au milieu d'une Louisiane de studio, le vieux Judd (l'ahurissant Neville Brand) tient un motel miteux et sordide. Isolé, esseulé : le vieux Judd est
devenu fou. Les armes automatiques sur les murs et les décorations "nazies" masquent péniblement les traumatismes qui ont dévasté l'homme.
Les cris stridents d'une partition expérimentale offrent une illustration saisissante du chaos qui règne à l'intérieur du dément. Prostitués, dégénérés…
: Judd tue ses clients avec une faux avant de les jeter dans les mâchoires de son crocodile. Des pantins inquiétants, grimaçants tourbillonnent autour de lui : les fantômes d'un Hollywood révolu
(Carolyn Jones, Mel Ferrer, Stuart Whitman) et les nouveaux monstres (Robert Englund et William Finley).
L'horreur grandiloquente du film répond, d'une certaine manière, aux souillures infligées au peuple américain, Judd devenant le symbole extrême des
malades mentaux produits par le conflit sanglant du Viêtnam. Sous les excès de Hooper, l'hommage aux drive in des années 50 se transforme en sommet de film d'exploitation. Déviant,
presque parodique, mais d'une poésie kitsch dévastatrice.
Tourné à la fin du Nouvel Hollywood, "Le crocodile de la mort", rêve de cinéphile comme "Le convoi de la peur" ou "1941", illustre l'absence de
toute retenue d'un système arrivé aux confins de la raison…
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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