| titre original | "The hills have eyes" |
| année de production | 1977 |
| réalisation | Wes Craven |
| interprétation | Michael Berryman |
| récompense | Critic's award au festival de Sitges 1977 |
| suite | "La colline a des yeux 2", Wes Craven, 1984 |
| remake | "La colline a des yeux", Alexandre Aja, 2006 |
Tournage
C'est en faisant des recherches que Wes Craven eut connaissance de l'histoire d'une famille anthropophage réfugiée dans une grotte
qui, dans l'Ecosse du 17ème siècle, attirait de paisibles voyageurs dans des embuscades ; il avoue par ailleurs avoir fait rechercher, pour la distribution, "des gens à l'air
particulièrement vicieux et pervers".
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Fidèle aux thématiques qu’il développa dans "La dernière maison sur la gauche", lesquelles furent reprises avec
brio par John Boorman dans "Délivrance", Wes Craven continue de s’intéresser à la violence humaine poussée à son paroxysme, avec cette mémorable "Colline a
des yeux" (quel titre magnifique !) dont il signa le scénario, la réalisation et le montage.
Une famille américaine, dont la mère est croyante et le père ex-policier, quitte Cleveland pour la Californie dans une caravane tirée par un break, en direction d’une mine d’argent dont ils
viennent d’hériter. Les parents, les deux filles, le fils, le gendre, un bébé et deux chiens-loups traversent donc le désert, au cours de ce qui semble s’apparenter de prime abord à un road
movie initiatique. Lorsque l’essieu de la voiture se brise, ils se retrouvent isolés en plein Arizona face à une famille dégénérée vivant dans la colline. Le père, Jupiter, est un mutant
victime d’une expérience atomique, sa femme est une corpulente ex-prostituée, ses enfants sont Pluton, Mars, Mercure et Ruby. Anthropophages, ils communiquent avec des radio CB volées. La famille
de la colline décime les intrus et capture le bébé pour le dîner. Les survivants et le dernier chien vivant sont alors décidés à se venger…
Au cours de cet éprouvant survival, Le spectateur suit ainsi les mésaventures de
deux familles parfaitement antithétiques : l’une « normale », équilibrée, citadine, mais intruse en plein désert ; l’autre sauvage, cannibale, affamée et violée sur son propre territoire. Les
membres de la première famille ne forçant pas spécialement la sympathie, le spectateur se trouve d’emblée sur un terrain glissant, dénué de pôles d’identification. Lorsque les rejetons de Jupiter
répondent à l’envahissement de leur terre par l’agression nocturne de la caravane, le film bascule dans une violence inouïe, traitée avec une crudité décuplant son efficacité, ceci malgré un jeu
d’acteurs assez approximatif. Ce bain de sang, qui semble partiellement s’inspirer de "Massacre à la tronçonneuse", laisse pantois. Mais l’enthousiasme avec lequel les agressés, à bout de nerfs, finissent par rendre
les coups, amplifie encore le malaise.
Car là est bien le propos de Craven. La violence, la folie meurtrière et la haine bestiale
sont dangereusement communicatives. Le final abrupt, une fois cet affolant axiome démontré, ne prend dès lors même plus la peine d’épiloguer, laissant le spectateur sur les rotules. « Dans
pratiquement tous mes films, j’aime développer l’idée que la monstruosité peut naître chez les individus les plus normaux et que la violence est susceptible de se développer au sein des relations
familiales », nous explique Wes Craven (1).
Véritable trouvaille de casting, Michael Berryman, chauve interprète de Pluton, trouve ici le rôle de sa vie, et traînera par la suite son visage inquiétant
dans maintes séries B sans nous faire oublier sa performance d’agresseur cannibale.
Récipiendaire de maintes récompenses à travers le monde, notamment à Londres, Sitges et Los Angeles, "La colline a des yeux" assit définitivement la réputation de Wes Craven,
propulsé dès lors au rang de nouveau maître de l’épouvante.
(1) propos recueillis par votre serviteur en octobre 2005
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
• Hollywoodland, mode
d'emploi
• Liens cinéma
• Copinage