| titre original | "The hills have eyes" |
| année de production | 1977 |
| réalisation | Wes Craven |
| remake | "La colline a des yeux", Alexandre Aja, 2006 |
| suite | "La colline a des yeux 2", Wes Craven, 1984 (remakée en 2007 par Martin Weisz) |
Le pitch : un groupe d'individus, immobilisé dans un désert, se trouve confronté
à des tueurs fous.
Tournage : c'est en faisant des recherches que Wes Craven eut connaissance de
l'histoire d'une famille anthropophage réfugiée dans une grotte qui, dans l'Ecosse du 17ème siècle, attirait de paisibles voyageurs dans des embuscades ; il avoue par ailleurs avoir fait
rechercher, pour la distribution, "des gens à l'air particulièrement vicieux et pervers".
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Fidèle aux thématiques qu’il développa dans "La dernière maison sur la gauche", lesquelles furent reprises avec brio par John Boorman dans "Délivrance", Wes Craven continue de s’intéresser à la
violence humaine poussée à son paroxysme, avec cette mémorable "Colline a des yeux" (quel titre magnifique !) dont il signa le scénario, la réalisation et le montage.
Une famille américaine, dont la mère est croyante et le père ex-policier, quitte Cleveland pour la Californie dans une caravane tirée par un break, en direction d’une mine d’argent dont ils
viennent d’hériter. Les parents, les deux filles, le fils, le gendre, un bébé et deux chiens-loups traversent donc le désert, au cours de ce qui semble s’apparenter de prime abord à un road
movie initiatique. Lorsque l’essieu de la voiture se brise, ils se retrouvent isolés en plein Arizona face à une famille dégénérée vivant dans la colline. Le père, Jupiter, est un mutant
victime d’une expérience atomique, sa femme est une corpulente ex-prostituée, ses enfants sont Pluton, Mars, Mercure et Ruby. Anthropophages, ils communiquent avec des radio CB volées. La famille
de la colline décime les intrus et capture le bébé pour le dîner. Les survivants et le dernier chien vivant sont alors décidés à se venger…
Au cours de cet éprouvant « survival », Le spectateur suit ainsi les mésaventures de deux familles parfaitement antithétiques : l’une « normale », équilibrée, citadine, mais intruse en plein
désert ; l’autre sauvage, cannibale, affamée et violée sur son propre territoire. Les membres de la première famille ne forçant pas spécialement la sympathie, le spectateur se trouve d’emblée sur
un terrain glissant, dénué de pôles d’identification. Lorsque les rejetons de Jupiter répondent à l’envahissement de leur terre par l’agression nocturne de la caravane, le film bascule dans une
violence inouïe, traitée avec une crudité décuplant son efficacité, ceci malgré un jeu d’acteurs assez approximatif. Ce bain de sang, qui semble partiellement s’inspirer de "Massacre à la
tronçonneuse", laisse pantois. Mais l’enthousiasme avec lequel les agressés, à bout de nerfs, finissent par rendre les coups, amplifie encore le malaise.
Car là est bien le propos de Craven. La violence, la folie meurtrière et la haine bestiale sont dangereusement communicatives. Le final abrupt, une fois cet affolant axiome démontré, ne prend dès
lors même plus la peine d’épiloguer, laissant le spectateur sur les rotules. « Dans pratiquement tous mes films, j’aime développer l’idée que la monstruosité peut naître chez les individus les
plus normaux et que la violence est susceptible de se développer au sein des relations familiales », nous explique Wes Craven (1).
Véritable trouvaille de casting, Michael Berryman, chauve interprète de Pluton, trouve ici le rôle de sa vie, et traînera par la suite son visage inquiétant dans maintes séries B sans nous faire
oublier sa performance d’agresseur cannibale.
Récipiendaire de maintes récompenses à travers le monde, notamment à Londres, Sitges et Los Angeles, "La Colline a des yeux" assit définitivement la réputation de Wes Craven, propulsé dès lors au
rang de nouveau maître de l’épouvante.
(1) propos recueillis par votre serviteur en octobre 2005
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