10ème volet de la saga James Bond
| titre original | "The spy who loved me" |
| année de production | 1977 |
| réalisation | Lewis Gilbert |
| musique | Marvin Hamlisch |
| interprétation | Roger Moore (3ème interprétation du personnage), Richard Kiel, Barbara Bach |
◊ Les autres James Bond des
années 70
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Cette fois, il s'agit d'un scénario original et non plus de l'adaptation d'un roman de Ian Fleming. Mais ce James Bond respecte les recettes habituelles.
Le film vaut surtout par ses extravagants décors et la composition de Richard Kiel en tueur à la prothèse dentaire particulièrement meurtrière. La fin du monstre, électrocuté par sa propre
machoire, ne manque pas d'humour.

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
James Bond allait-il survivre à l'accueil mitigé de "L'homme au
pistolet d'or" et à la rupture médiatisée de ses deux producteurs ? Rien n'était moins sûr, et Albert
Broccoli, désormais seul à la tête de la franchise, décida de jouer le tout pour le tout : un budget colossal, la fabrication du studio le plus grand du monde (le célèbre plateau 007 de
Pinewood), des séquences d'action dépassant toutes celles vues jusqu'à présent, des super-vilains dignes d'une bande dessinée, de nouveaux véhicules bourrés de gadgets, bref une surenchère à tous
les niveaux.
Le résultat aurait pu être indigeste, mais force est de reconnaître que "L'espion qui m'aimait" est un spectacle euphorisant, probablement l'un des films les plus réussis de la
série tout entière. Le scénario n'a rien à voir avec le roman du même titre, dans la mesure où le texte original s'éloignait des aventures classiques de l'agent 007 pour conter en huis clos les
états d'âme d'une jeune femme à la première personne. La séquence pré-générique ressemble en fait à une variante aquatique de celle d'"On ne vit que deux
fois", car deux sous-marins nucléaires - un britannique et un soviétique - disparaissent sans laisser de trace, engloutis en réalité par un gigantesque tanker. Leur trajet secret ne peut
être détecté que grâce à un microfilm que James Bond est chargé de récupérer.
Après une surprise nous laissant croire un instant que l'agent qui s'associera à Bond est un homme - une espèce de sosie de George Lazenby - pour nous révéler qu'il s'agit en réalité de la toute
belle Barbara Bach, le film nous gratifie d'une cascade vertigineuse : le saut à ski de 007 au-dessus d'un immense précipice, qui s'achève par le déploiement
d'un parachute aux couleurs de l'Union Jack. Et le générique de retentir, l'inoubliable "Nobody does it better" chaleureusement entonné par Carly Simon.
Incarné par l'acteur allemand Curt Jurgens, le grand méchant du film est Karl Stromberg, un biologiste spécialiste de la faune marine qui possède ses propres
laboratoires en Sardaigne. Réfugié dans sa colossale base sous-marine Atlantis, Stromberg compte utiliser les missiles nucléaires des sous-marins qu'il a volés pour détruire New York et Moscou,
puis le reste du monde, pour créer son propre univers sous-marin. Voilà qui ne manque pas d'originalité. Mais ce savant fou se fait voler la vedette par son homme de main, un colosse aux dents d'acier surnommé Requin, à qui Richard Kiel prête son impressionnante
silhouette.
"L'espion qui m'aimait" se paie aussi le luxe d'une nouvelle « bondmobile » au moins aussi remarquable que l'Aston Martin de "Goldfinger" : une Lotus
Esprit blanche qui se mue en bathyscaphe et regorge d'armes en tout genre.
Aux côtés d'un Roger Moore plus détendu que jamais, Barbara Bach capte instantanément tous les regards sous l'uniforme de
l'espionne délicieusement glaciale Anya Amasova, tandis que Caroline Munro fait une apparition brève mais remarquée dans le rôle de Naomi, pilote à la solde
de Stromberg.
Le caractère volontairement excessif de ce 10ème James Bond trouve son écho dans une bande originale outrancièrement disco signée Marvin
Hamlisch.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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