8ème volet de la saga James Bond

| titre original | "Live and let die" |
| année de production | 1973 |
| réalisation | Guy Hamilton |
| musique | George Martin |
| chanson | Paul McCartney |
| interprétation | Roger Moore (1ère interprétation du personnage), Jane Seymour, Yaphet Kotto |
◊ Les autres James Bond des années
70
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Déception : Roger Moore remplace Sean Connery dans le rôle de James Bond. Il ne réussit pas encore à s'imposer, mais le film vaut pour un fabuleux générique,
une cérémonie vaudou et de sympathiques crocodiles.
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Après "Les diamants sont
éternels", c'est Roger Moore qui remplace officiellement Sean Connery dans le rôle laissé vacant de
l'agent 007. Très à l'aise, ce dernier campe un James Bond décontracté et plein d'humour, à mi-chemin entre Brett Sinclair ("Amicalement vôtre") et Simon
Templar ("Le Saint"). Au fil des épisodes suivants, Moore saura effacer peu à peu les empreintes de ses héros précédents pour se construire un personnage à
part entière.
L'intrigue de "Vivre et laisser mourir" flirte avec le vaudou, ce qui imprègne le film d'un climat fantastique inhabituel pour la série. Dès la scène pré-générique, 3 agents
secrets sont tués en l'espace de 24 heures. Bond doit découvrir si ces 3 meurtres ont un rapport entre eux. Ses recherches le mènent d'abord à Harlem, en compagnie de son ami Felix Leiter de la C.I.A. (David Hedison, ex-Mouche Noire), où il est
kidnappé par le mystérieux Mister Big, à qui Ian Fleming prêtait des propos pleins d'emphase : « Je suis par nature et par goût un loup, et je vis suivant la loi des loups. Naturellement, le
troupeau n'a qu'un mot pour qualifier un tel homme. Le mot "criminel" ». Captif, Bond fait la connaissance de Blanche Solitaire, experte en tarot et douée de pouvoirs divinatoires (la délicieuse
Jane Seymour). L'une des idées amusantes du scénario est que Solitaire, lorsqu'elle exulte enfin dans les bras décidément irrésistibles du beau James, perd à
la fois sa virginité et tous ses dons de voyance, redevenant alors simple mortelle. Une fois que 007 a réussi à échapper aux griffes de Mister Big, il se rend à l'île de San Monique où le docteur
Kananga (Yaphet Kotto, future victime d'"Alien") cultive des champs entiers de pavots sous des filets de camouflage.
Finalement, notre héros débarque à la Nouvelle-Orléans où se fabrique l'héroïne. Mister Big et le docteur
Kananga s'avèrent n'être qu'une seule et même personne, laquelle a l'intention de distribuer gratuitement deux tonnes d'héroïne pour obtenir le contrôle du marché américain. Le film bascule alors
dans les excès les plus outranciers, nos deux héros étant attachés à un mécanisme qui les engloutit progressivement dans un bassin plein de requins (une idée qui resservira dans "Austin Powers"),
puis Solitaire étant carrément promise à un sacrifice vaudou avec sorcier maléfique, danses tribales et serpents venimeux. Au cours du climax, le méchant avale une capsule d'air comprimé et finit
par gonfler comme un ballon avant d'exploser !
Même s'il est doté de scènes d'actions franchement réussies (la cavalcade à bord de l'autobus à impériale, la confrontation avec les alligators, le saut en deltaplane, la poursuite en hors-bord
dans les canaux de la Louisiane), "Vivre et laisser mourir" n'est pas toujours très convaincant et ressemble presque à un essai, comme s'il s'agissait d'une première tentative
pour donner un nouveau souffle à la série. D'où notamment le remplacement provisoire du compositeur John Barry par George Martin, célèbre producteur des
Beatles (c'est d'ailleurs Paul McCartney qui a signé la chanson du générique), dont la partition se réfère directement au style musical funky de la blaxploitation des années
70.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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