Gladiateurs du futur
| titre original | "Rollerball" |
| année de production | 1975 |
| réalisation | Norman Jewison |
| scénario | William Harrison, d'après sa propre nouvelle "Roller ball murder" |
| production | Norman Jewison |
| interprétation | James Caan, John Houseman, John Beck, Moses Gunn |
| remake | "Rollerball", John McTiernan, 2002 |
Le jeu est plus grand que le joueur![]() T-shirt à commander sur lastexittonowhere.com → The Energy Corporation est le nom de la compagnie qui possède l'équipe de rollerball de Houston dans laquelle joue James "Jonathan E." Caan. |
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Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Les matchs de rollerball sont particulièrement impressionnants et donnent au film un caractère de violence rarement atteint dans les bandes de ce genre.
Entre les matchs, des intermèdes permettent de faire passer le message assez vague : le pouvoir des technocrates peut être menacé par la popularité des champions. Mais n'est-ce pas tomber dans un
autre péril ? Allusions aussi à l'écologie et à la société de consommation.
Mais les intermèdes sont vite oubliés au profit du rollerball, superbement filmé par Jewison, dont c'est probablement le meilleur film.

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Réalisateur de films aussi dissemblables que "Dans la chaleur de la nuit", "L'affaire Thomas Crown" ou "Un violon sur le toit", Norman Jewison s'est attaqué au milieu des années 70
à une fable futuriste tirée d'une nouvelle de William Harrison. Nous sommes à l'aube du 21ème siècle, en une ère prospère où la guerre et le
crime ont été éradiqués. Le monde est désormais dirigé par de puissantes multinationales qui ont instauré un véritable retour des jeux du cirque pour canaliser la violence du peuple. Les
gladiateurs ont été remplacés par des sportifs de haut niveau, s'entredéchirant sur les arènes du monde entier lors de chaque rencontre de « Rollerball ». Ultra-violent, ce sport barbare mixe le
football américain, le motocross et le hockey. L'enjeu de chaque partie est une balle métallique que les joueurs doivent saisir pour marquer des points.
"Rollerball" s'érige donc d'emblée en satire sociale tirant à boulets
rouges sur le milieu du sport, de l'entreprise, de la politique, de la haute société, et dénonçant avant l'heure une mondialisation croissante. Mais le film de Jewison s'apprécie aussi et surtout comme un farouche plaidoyer pour l'individualisme, une
thématique récurrente des œuvres d'anticipations qui se concentre ici autour du personnage de Jonathan E, incarné avec toute la finesse qui se doit par un tout jeune James Caan pas encore popularisé par son rôle de Sonny Corleone dans "Le Parrain".
Jonathan est le champion de Rollerball de l'équipe de Houston, mais ses exploits l'ont popularisé aux quatre coins du monde, développant autour de lui un véritable culte de la personnalité. Cet
état de fait n'est pas du goût des dirigeants du « consortium de l'énergie », organisateur mondial du Rollerball, et Jonathan subit d'insistantes pressions pour se retirer du jeu.
Refusant cette retraite forcée, l'athlétique vedette comprend bientôt les enjeux qui se tissent autour de
lui, lorsque son employeur lui déclare imperturbablement : « aucun sportif n'est plus grand que le sport lui-même ». Ainsi, non content de servir d'exutoire à la colère et la frustration du plus
grand nombre, le « jeu » a surtout pour vocation de prouver l'inutilité de tout effort individuel. Or, Jonathan est en train de démontrer le contraire aux yeux du public. « Les privilèges nous
démobilisent » constate-t-il avec amertume, dans ce futur où le confort a été préféré à la liberté.
Ponctué par de fulgurantes séquences de match dont la violence va crescendo, "Rollerball" se pare également de moments savoureusement vitriolés, notamment cette soirée
mondaine dégoulinante d'hypocrisie qui s'achève au petit matin par un défouloir innommable : la mise à feu des arbres de la forêt pour le simple plaisir des yeux des dames de la belle
société.
Dommage que l'efficacité du discours soit amenuisée par la terrible froideur du film. Partant du principe que les personnages et leurs relations doivent être aussi glaciaux que l'univers dans
lequel ils évoluent, Jewison prive les spectateurs d'un véritable facteur
d'identification. Le climax de "Rollerball" se déroule au cours d'un affrontement Houston/New York qui tourne au massacre sanglant, et s'achève sur une image
emblématique, celle de la victoire de l'individu sur le nombre, aux inoubliables accents de la Toccata de Bach.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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