| titre original | "Soylent green" |
| année de production | 1973 |
| réalisation | Richard Fleischer |
| interprétation | Charlton Heston, Edward G. Robinson, Joseph Cotten |
| récompense | Grand prix au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1974 |
Charlton Heston dans la phase terminale de la civilisation occidentale, sous l'emprise du brouillard, de la
pollution et d'une nouvelle forme de cannibalisme...
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Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Un chef-d'œuvre de la science-fiction qui propose une vision radicalement pessimiste de l'an 2000 : la nourriture, le travail, les conditions de vie, tout s'est dégradé.
Un grand moment : la mort de Sol Roth, retrouvant fugitivement la vision de la Terre d'autrefois à jamais perdue.

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Habitué aux futurs post-apocalyptiques depuis "La planète des singes" et "Le
Survivant", Charlton Heston s'y
frotte à nouveau à l'occasion de cet inoubliable "Soleil vert", qui nous décrit un avenir pessimiste d'autant plus inquiétant qu'il est réaliste.
Adapté d'un roman homonyme d'Harry Harrison publié en 1966, le récit se situe en 2022. Suite à une gigantesque
catastrophe écologique, le monde est nimbé d'un brouillard vert et opaque. La surpopulation et le chômage sont tels que les gens vivent dans des voitures abandonnées et dorment par centaines sur
les marches des escaliers. New York elle-même compte pas moins de cinquante millions d'habitants. La hausse des prix est vertigineuse, les denrées alimentaires sont insuffisantes, et les queues
pour se procurer un peu d'eau et de nourriture sont démesurées. Les émeutes sont donc fréquentes, et les autorités sont contraintes de les réprimer avec des bulldozers et des camions-benne. Le
suicide est encouragé officiellement, et organisé sous forme d'injections dans des centres spécialisés, tandis que sont projetées en musique des images de la Terre telle qu'elle était avant la
catastrophe.
Restent encore quelques nantis, qui gardent jalousement leurs richesses, vivent dans des immeubles ultra-protégés et acquièrent des prostituées comme on achète des meubles. Dans ce futur
décidément atroce, la population doit se nourrir de tablettes synthétiques dénommées « soleils » (soylent en anglais, contraction des mots "soja" et "lentille"). Selon le jour de la
semaine, on mange du soleil rouge, jaune ou bleu... Un jour, on lance sur le marché le soleil vert, de composition inconnue. Heston incarne ici le détective Robert Thorn, plongé jusqu'au cou dans une enquête sur la
mort d'un des chefs de la société qui fabrique les pâtisseries suspectes, à l'aide de son coéquipier Sol Roth (Edward G. Robinson). Bientôt, Thorn est sommé
par ses supérieurs d'interrompre ses investigations. L'homme étant du genre buté, il ne s'arrête pas en si bon chemin, malgré les tueurs lancés à ses trousses. Et lorsqu'il découvre enfin
l'incroyable vérité, le spectateur est autant désarçonné que la population réfugiée dans une église-dortoir où Thorn livre la terrible révélation...
La noirceur du film ne l'empêche pas de se permettre quelques écarts humoristiques (Heston qui pille sans vergogne l'appartement d'une victime dont il tente d'élucider la mort), ainsi qu'une
poignée de séquences profondément émouvantes (notamment le suicide de Sol aux accents de Tchaïkovsky, Beethoveen et
Grieg, d'autant plus marquant que le comédien Edward G. Robinson s'éteignit d'un cancer peu de temps après le
tournage).
Le film de Richard Fleischer ne souffre finalement que du minimalisme de sa
reconstitution futuriste, pour le moins datée aujourd'hui. A cette réserve près, "Soleil vert" est une œuvre intensément éprouvante, riche en séquences d'action brutes et en
tableaux oppressants qui témoignent sans concession des préoccupations écologiques de la population en ce milieu des années 70. Le consultant technique du film fut d'ailleurs Frank R. Bowerman, alors président de l'Académie Américaine de l'Environnement.

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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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