| titre original | "The Getaway" |
| année de production | 1972 |
| réalisation | Sam Peckinpah |
| scénario | Walter Hill, d'après le roman de Jim Thompson |
| photographie | Lucien Ballard |
| musique | Quincy Jones |
| interprétation | Steve McQueen, Ali MacGraw, Al Lettieri, Ben Johnson, Bo Hopkins |
| remake | "Guet-apens", Roger Donaldson, 1993 |
Immoral et burné, un grand succès de Peckinpah ! (review de Pierre)
Les amateurs de Peckinpah méprisent souvent "Guet-apens", estimé trop commercial de la part de l'auteur rebelle de "La horde sauvage" et des "Chiens de paille". C'est une
considérable erreur. Faut voir déjà le multiplication des talents dont le film dispose :
-
réalisation : Peckinpah, comme on l'a vu ;
- scénario : Walter Hill, le futur réalisateur des "Warriors", qui adapte ici un
roman de Jim Thompson, le dieu du roman noir ;
-
musique : Quincy
Jones, car on est en plein dans les 70's ;
- actingue : Steve fuckin' McQueen et sa meuf de l'époque, Ali MacGraw, mais aussi plein d'autres, parmi lesquels
Al Lettieri (a.k.a. Sollozzo, dit "le Turc" dans "Le Parrain").
Le pitch : McCoy est un braqueur qui sort de prison, grâce à sa femme, Carol. Leurs retrouvailles vont se transformer en une course poursuite contre la police et des truands. Arriveront-ils à
temps à la frontière mexicaine ? Leur couple y résistera-t-il ?
Je ne suis pas fana des films que je classerais dans la catégorie des "couples on the road". Par machisme primaire, je préfère quand les histoires de gangsters ne nous font pas chier avec des
histoires sentimentales à la con. Mais là, je fais une exception, c'est trop bien.
Déjà, faut mesurer à quel point McQueen est charismatique. A chaque fois, ça m'épate. Là, il a
des scènes tellement burnées qu'elles sont inoubliables (je pense à un moment où il dégaine un shotgun en pleine rue, il en jette vraiment). Le film draine tout l'imaginaire de
l'americana (les petites villes, la route, les motels, etc.) avec un immense talent visuel et un montage nerveux.
Les méchants sont un peu "tarantinesques" avant l'heure, ce qui pourrait rebuter (Al Lettieri est franchement comique), mais force est de reconnaître que ça marche et qu'on s'amuse bien.
Et puis, il y a le talent de Peckinpah pour les fusillades, et celle qui clot le film est
vraiment bien foutue.
Bref, mes remarques sont un peu décousues, mais je ne sais pas quoi faire d'autre que de dire "youpi" à ce film, qu'étrangement je n'avais jamais vu (trop influencé que j'étais par la critique
"intelligente"). Si ça n'est déjà fait : matez-le.
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Première adaptation cinématographique d'un roman de Jim Thompson, "Guet-apens" devait originellement être dirigé par Peter Bogdanovich. Sam Peckinpah en hérita en partie grâce à Steve McQueen, avec lequel il venait de tourner "Junior Bonner, le dernier bagarreur", et après avoir dû lui-même
renoncer au tournage de "L'empereur du Nord".
Conservant les choix, comme l'entière suppression de la deuxième partie du livre, du scénario original de Walter Hill, le cinéaste, dont c'est la seule
incursion dans le domaine du film policier, traite avec une exceptionnelle maîtrise technique le thème classique de la cavale (c'est le sens du titre original) d'un couple de gangsters traqués
("Les amants de la nuit" de Nicholas Ray, "Bonnie and
Clyde" d'Arthur Penn, etc.) comme un western contemporain construit sur le thème tout aussi classique de l'itinéraire géographique doublé d'un
itinéraire moral qu'il subvertit en donnant en la femme un rôle égal à celui de l'homme et en terminant son film de manière totalement "immorale".

Photos de tournage
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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