| titre original | "Two-minute warning" |
| année de production | 1976 |
| réalisation | Larry Peerce |
| interprétation | Charlton Heston, John Cassavetes, Gena Rowlands, Beau Bridges |
Review de Sébastien Miguel
Version 70 de "The Sniper" d'Edward Dmytryk (déjà amplement évoqué par Don Siegel pour "L'inspecteur Harry"), "Un tueur dans la foule"
est certainement le plus sordide des films catastrophe des années 70.
Vendu comme un produit standard, le public fut déconcerté par la très grande violence de l'œuvre et l'absence de toute explication - psychologique ou
sociologique - concernant le tueur*.
Charlton
Heston et John Cassavetes n'ont aucune consistance : ils n'incarnent que
la puissance brutale des forces de l'ordre. Les autres personnages (Gena Rowlands ou Walter
Pidgeon) sont des topos sans épaisseur.
Pénible aussi la peinture d'une société fascisante où les droits des individus n'ont plus aucune légitimité. Le rapport à l'image (de télé ou de cinéma), le voyeurisme assimilant le spectateur au
tueur : autant de thèmes puissants jamais traités par Peerce. On comparera le film avec l'excellent premier long métrage de Peter Bogdanovich, "Targets" (1968).
Comme noté par Roger Ebert, "Un tueur dans la foule" exalte de manière malsaine deux grandes matrices de la culture américaine : le
football et les armes à feu. Dépourvue de point de vue et gangrenée par des effets surannés (caméra subjective et musique médiocre), la production ne retrouve jamais la force du grand film de
Dmytryk.
* La version télé, afin de corriger le tir, propose plusieurs nouvelles scènes. Dans ce nouveau montage, le tueur attend des complices qui volent, au
moment du match, une banque en face du stadium !
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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