| titre original | "Looking for Mr. Goodbar" |
| année de production | 1977 |
| réalisation | Richard Brooks |
| scénario | Richard Brooks |
| interprétation | Diane Keaton, Richard Gere, Tom Berenger |
Review de Pierre
Réalisé par le metteur en scène de "De sang froid", "A la recherche de Mister Goodbar" est adapté du best seller de Madame Machinchouette, lui-même inspiré d'une
histoire vraie.
Le pitch : Teresa (Diane Keaton) est une jeune femme ayant
eu une enfance difficile (elle a été gravement malade et alitée pendant une partie de son enfance), marquée par une éducation catholique. Elle devient professeur pour des enfants sourds-muets,
mais passe ses nuits à lever des mecs dans les bars, tout en refusant de se lier avec quiconque. Parmi les
mecs en question, il y a Richard
Gere carrément jeune, dans un de ses tous premiers rôles.
Alors, je le dis tout de suite : il est très difficile de parler du film sans spoiler. Notamment sans parler de LA scène, restée célèbre. Et c'est donc en tentant de ne pas aborder LA scène que
je vais poursuivre, mais sachez tout de même que si vous voyez ce film, vous verrez LA scène.
Bref : j'ai trouvé ce film très beau et très triste. Ca parle de plein de choses : d'une époque bien sûr (la fin des 70's, avec une BO disco vraiment géniale), mais c'est aussi un "portrait de
femme", une étude de caractère que j'ai trouvée très touchante et troublante.
Dans le rôle principal, Diane
Keaton - je n'hésite pas à le dire - trouve son plus grand rôle. Quant on pense qu'elle a eu l'Oscar la même année pour "Annie Hall", on se dit
que c'est tout de même bizarre. Bref, tout le film repose sur elle, et elle est juste du début à la fin. Pourtant, il y avait des scènes vraiment pas faciles pour elle, et elle s'en sort brillamment. Perso, pour moi, le très grand moment du film, c'est
(mini-spoiler) sa première scène d'amour avec Richard Gere sur "Could it be magic" de Donna Summer, où elle réussit à interpréter, en étant émouvante et crédible, la
découverte du plaiiiiisiiiiiiiir physique. Chapeau.
Pour le
reste, je ne peux pas vous dire comment j'ai entendu parler de ce film, car cela serait déjà en soi donner un indice sur LA scène. Mais j'ai vérifié le Tavernier, et il déteste. Il estime que
Richard
Brooks, ancien réalisateur des 50's, a ici essayé de suivre la mode des films des réalisateurs des 70's en se vautrant dans le "cinéma à sensation", qu'il considère texto
comme l'équivalent du "roman de gare". Vous avez donc tous compris que ce film est génial et qu'il faut le voir à tout prix. Pour ça, je vous souhaite bonne chance, car il n'est jamais sorti en DVD (la seule édition trouvée est une cassette américaine achetée sur Amazon).
Enfin, il me semble que le film a été une influence assez nette sur "Twin Peaks", le personnage de Laura Palmer ayant tout de même de vraie similitudes avec celui de Diane
Keaton. Autre ressemblance frappante : celle avec la vidéo "Bad girl"
de Madonna, réalisée par David Fincher avec Christopher Walken.
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
A peine sortie de l'univers de Woody Allen, Diane Keaton, sa délicieuse égérie du moment, laissa (à quelques exceptions près) l'humour de "Annie Hall" au vestiaire
pour se glisser dans la peau de Theresa Dunn, jeune femme intelligente et sensible, éducatrice le jour et pilier de bars mal famés la nuit.
C'est un rôle qui perturba l'interprète autant qu'il dérangea le spectateur, mais son travail d'actrice est d'une grande qualité et d'une totale sincérité.
Autour de cette héroïne aux abois, Brooks grava à l'eau-forte le portrait d'une
Amérique cruelle et sans âme : famille rigoriste et étouffante, jeune amoureux prisonnier de son éducation, pornographie rampante, publicité omniprésente flattant les bas instincts, bars
interlopes avec leur faune de camés, de prostitué(e)s, d'éponges divers et variés.
Emanation de cet environnement apocalyptique (où est passé le gentil Brooks
humaniste optimiste des années 1950 ?), la fragile Theresa tente de trouver son équilibre, se cherche et se perd avant de se trouver.
Avec la vision très noire qu'il propose de son pays, "A la recherche de Mister Goodbar" secoue, choque, interpelle... N'y aurait-il pas vraiment plus d'espoir dans ce monde
corrompu ? Pas tout à fait, tout de même. Il reste cette chaleur humaine que Theresa communique à ses petits sourds-muets... Il reste ces sourires de Diane Keaton... Il reste quelques moments de grâce fugitifs. Et
le réalisateur de crier : "Au loup ! Sauvons ce qui peut être sauvé ! Préservons ce qui reste de beau, ce qui est tendre, ce qui souffre... !" Les cris les plus désespérés ne sont-ils pas
toujours les plus beaux ?
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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