| titre original | "The Candidate" |
| année de production | 1972 |
| réalisation | Michael Ritchie |
| scénario | Jeremy Larner |
| interprétation | Robert Redford, Peter Boyle, Melvyn Douglas, Michael Lerner |
| récompense | Oscar du meilleur scénario original |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Un excellent témoignage sur la vie politique américaine.
Review de Pierre
"Votez McKay" est à l'évidence l'un des meilleurs films politiques des années 70.
Produit par Redford lui-même et réalisé par Michael Richie (qui avait mis en scène la même année "Carnage" avec Lee Marvin et Gene Hackman), c'est un film vraiment
archétypal, dans sa mise en scène et dans ses préoccupations, de son époque. Pour autant, tout cela reste diablement d'actualité.
Le pitch : un directeur de campagne démocrate cherche un candidat pour aller à l'abattoir pour des élections au poste de sénateur de Californie. A l'abattoir, parce que le poste est tenu depuis 4
mandats par un vieux républicain qui cartonne depuis des années. On va donc chercher le jeune Bill McKay, un avocat un peu idéaliste dont le père était gouverneur, pour lui offrir de faire la
campagne. Lui, au début, est d'accord, puisque de toute façon, il va perdre. Sauf que la campagne commence à prendre...
Le thème, c'est donc très clairement la manière dont se passent les campagnes électorales, et la façon dont les débats sont escamotés au profit de l'image et de la "com'". Tout ça au travers de
scénettes rapides, très bien rythmées. Comme dans les meilleurs films des 70's, c'est au spectateur de trouver les scènes essentielles dans ce magma, et de distinguer le principal de
l'accessoire. Egalement typique de l'époque : quasiment pas de vie privée des personnages, ou alors ce que le réalisateur nous laisse deviner. L'ensemble laisse donc le spectateur un peu perdu : au bout d'un moment, on ne sait plus si ce qu'on voit est "bien" ou
"mal", et je crois bien que c'est exactement cette perte des repères que cherche le réalisateur.
Côté acteurs, il y a bien sûr Redford - excellent et
charismatique -, mais aussi Peter Boyle dans le rôle du
directeur de campagne. On reconnaît également Michael Lerner (futur producteur nabab dans "Barton Fink").
Bref, on frôle le "4 étoiles", il manque juste une ou deux scènes d'émotion pour ça. Mais en tout cas, ça se mate sans jamais regarder l'heure.

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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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