| titre original | "Prime cut" |
| année de production | 1972 |
| réalisation | Michael Ritchie |
| musique | Lalo Schifrin |
| interprétation | Lee Marvin, Gene Hackman, Sissy Spacek |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Un film noir insolite, grinçant, imprégné d'humour noir, parfaitement interprété par Lee Marvin
et Gene Hackman.
Review de
Pierre
Voilà un film que je voulais voir depuis longtemps et qui a, ces derniers temps, une grande réputation de film redneck couillu et sauvage, à fond 70's, surtout, il faut bien le dire,
grâce à son casting de folie intersidérale : Lee Marvin, Gene Hackman. Peuuuuuuuh. Et Sissi Spacek en prime. En plus, le réalisateur, c'est Michael Ritchie, à savoir celui de "Votez McKay", carrément un film de balle. Comprenez donc mon intérêt.
Le pitch, c'est ça : Jake, un boss de Chicago, a un problème. L'un de ses sbires, Mary Ann (Gene Hackman), basé au Kansas, ne lui paye plus rien de ce qu'il lui doit. Jake contacte donc Nick, et
lui demande d'aller au Kansas avec quelques gars pour redresser la situation. Sur place, Nick va retrouver Mary Ann (qu'il connait manifestement de longue date) et aider Poppie, une jeune femme
que Mary Ann vend parmi d'autres aux gens du coin...
Bon, faut savoir que là, je raconte les choses dans l'ordre, pour que vous compreniez, mais en fait, on est dans une narration typique 70's : le film commence par une longue séquence se situant
dans les abattoirs de Mary Ann, où l'un des sbires de Jake se fait passer dans un broyeur avec les vaches, pour finir en saucisse. Si, si. Jake, le boss gangster, important pour raconter le
pitch, n'a aucun rôle dans le film. On le voit deux secondes. Mais deux secondes m'ont suffi pour reconnaitre Eddie Egan, le flic ayant servi de modèle à
Friedkin pour Popeye Dole ("French connection").
Globalement, l'ambiance, c'est carrément du "Massacre à la
tronçonneuse", avec les bouseux qui traitent la chair humaine comme du bétail. Et régnant sur tout ça : Mister Chuckles (Gene
Hackman) himself (qu'hélas, on ne voit pas beaucoup).
Bref, le casting, les images de champs de blé avec un grain 70's, la narration pleine d'ellipses et de sous-entendus sur le passé des personnages, l'absence de dialogues explicatifs (3 mots
toutes les 20 minutes), la rapidité de l'ensemble (86 minutes), le mélange bouseux couillu/gangster/émotion avec une très jeune et jolie Sissy, tout ça assure forcément les trois
étoiles.
Même si ça manque parfois de suspense,
Même si le gunfight final est un peu pépère,
Même si rien dans la suite du film n'atteint la sauvagerie gore de la première séquence,
Même si ça manque un peu de chuckles.
On aurait pu avoir une perle oubliée des 70's, on a juste un très bon film qui doit tout de même être vu.
J'ajoute enfin avoir reconnu, dans un petit rôle, une des meufs qui auditionne pour la chanson de Winslow Leach dans "Phantom of the Paradise". En passant,
quoi.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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