| titre original | "Straight time" |
| année de production | 1977 |
| réalisation | Ulu Grosbard |
| scénario | Alvin Sargent |
| interprétation | Dustin Hoffman, Harry Dean Stanton, M. Emmett Walsh, Theresa Russel, Gary Busey, |
| Kathy Bates, Jake Busey |
Chef-d'œuvre ! (review de Pierre)
Avant, quand on me disait "Straight time", je pensais à : Got a cold mind to go tripping 'cross that thin line, I ain't makin' straight time (Bruce Springsteen, "Straight time", "The ghost of Tom
Joad")... Désormais, "Straight time" évoquera ce superbe film réalisé par Ulu Grosbard, avec Dustin Hoffman.
D'où ça vient ? Au départ, il faut savoir que ce film est l'adaptation du roman "Aucune bête aussi féroce" d'Edward
Bunker, malfrat lui-même. Ce film, c'est un projet d'Hoffman, qui a été passionné par le bouquin et qui est allé trouver Bunker en prison pour lui acheter les droits. Hoffman voulait le
réaliser lui-même, mais c'est Ulu Grosbard ("Sanglantes confessions", "Georgia") qui l'a finalement mis en scène. Déçu par le résultat final, Hoffman a semble-t-il désavoué le film tel qu'il est
aujourd'hui (le con).
Le pitch : C'est la vie de Max Dumbo, qui sort de prison au début du film. Le mec veut se tenir à carreau, même s'il a affaire à un parole officer insupportable (M. Emmett Walsh). En
même temps, il rencontre une meuf jolie (Theresa Russel). Mais il y a aussi ses anciennes fréquentations... Voleur tu es, voleur tu restes...
C'est bien ? Gravement. Tout y est. Avant toute autre chose, c'est le réalisme des situations qui est frappant. La précision avec laquelle on assiste aux casses, par exemple. Clairement, il y a
une parenté entre ce film et "Le
Solitaire" de Michael Mann (même si les personnages et la réalisation n'ont rien à voir) : on sent que ces films puisent dans la même source
documentaire. Mais il y aussi toute la puissance de jeu du Hoffman, dans un rôle de gangster finalement inhabituel pour lui. Il est tout simplement génial.
La mise en scène est réussie, le montage rapide. Tous les acteurs sont excellents, c'est prenant du début à la fin. C'est rare, mais cette fois, on peut le dire : voilà un grand film oublié des
70's.
Les seconds couteaux : un festival. D'abord, on retrouve les Busey père et fils, Gary et Jake. Jake doit avoir 5 ans dans le film, et joue le fils de son
père, mais c'est fou ce qu'ils se ressemblent déjà ! Dans le rôle du parole officer, il y a l'épouvantable M. Emmett Walsh, abonné aux rôles d'enc...,
celui-ci ne faisant pas exception. Il est excellent. Mais la palme revient à Harry Dean Stanton. C'est le
collègue d'Hoffman dans ses actions illégales. Afficionado du fusil à pompe, il est absolument génial dans un rôle de "pro". Quelle filmo, ce mec ! Attention, il y a en a d'autres, dont une Theresa Russel toute jolie et une Kathy
Bates toute jeune et mince.
Au final, c'est de la balle. C'est sorti en DVD le même jour que "Le prince de New York", après une longue attente. Je pensais que le Lumet serait un chef-d'œuvre, et que "Le
Récidiviste" serait un bon film 70's : c'est l'inverse. Voyez-le, vraiment.
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Un film dur et sans nuances.
L'histoire évoque les films de la Warner des années 1930. Mais Hoffman n'est pas Cagney, Muni
ou Bogart, et peut-être en fait-il parfois un peu trop pour rendre le film vraiment crédible.
En revanche, Harry Dean Stanton et M. Emmett Walsh sont remarquables.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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