| titre original | "I spit on your grave" aka "Day of the woman" |
| année de production | 1978 |
| réalisation | Meir Zarchi |
| interprétation | Camille Keaton |
| récompense | Prix de la meilleure actrice pour Camille Keaton au festival de Sitges 1978 |

Review
de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Descendant contre-nature de "Délivrance" et de "La dernière maison sur la
gauche", ce surprenant "I spit on your grave" est un film OVNI, d’une noirceur à la limite du soutenable, dont les intentions et
la morale nous échappent quelque peu. Film voyeuriste et malsain pour pervers en tous genres ? Film d’horreur survival dans la droite lignée de "Massacre à la tronçonneuse" ?
Drame psychologique dénonçant la violence à la manière des "Chiens
de paille" ? Film féministe au ton revanchard (comme le laisserait entendre son autre titre connu, "Day of the woman") ? A vrai dire, la
classification de "I spit on your grave" est des plus malaisées, mais la dernière option pourrait bien être la bonne, dans la mesure où Meir
Zarki eut l’idée de ce film après avoir porté secours à la jeune victime d’un viol, à l’encontre d’une police désespérément inerte.
Son infortunée héroïne est une romancière du nom de Jennifer Hill, interprétée par la splendide Camille Keaton, petite-nièce du grand Buster en personne.
Elle fuit la ville pour terminer calmement son dernier livre dans une charmante maison de campagne au bord de l’eau, en lisière d’une petite ville du Sud. Mais sa beauté ingénue finit par
attirer l’attention d’un pompiste libidineux, de l’idiot du village et de deux bons à rien qui passent le plus clair de leur temps à jouer au couteau ou à faire des ronds dans l’eau avec leur
barque à moteur. Un jour, poussés par leurs instincts les plus bestiaux, tous les quatre fondent sur elle comme des oiseaux de proie et la violent à tour de rôle, pendant trois quarts d’heure
particulièrement éprouvants pour le spectateur. Humiliée, tabassée, laissée pour morte, Jennifer se remet douloureusement de la quadruple agression et panse une à une ses blessures. Une fois
d’aplomb, elle ne prévient pas la police, pas plus qu’elle ne quitte les lieux. La seule chose qui l’anime désormais est la soif de vengeance. Muée en véritable ange exterminateur, elle attire
donc chacun de ses agresseurs dans ses filets séducteurs et leur réserve un sort des moins enviables. L’un finit pendu à un arbre, l’autre émasculé dans une baignoire, le troisième abattu à
coup de hache et le dernier réduit en charpie par l’hélice d’un bateau.
Voilà pour le scénario, cinglante démonstration d’autodéfense réduite à sa plus simple expression. La mise en scène est à l’avenant, exempte d’effets de style, épaulée par des comédiens sobres
et des dialogues épurés. Pour autant, Meir Zarchi n’opte pas pour une forme pseudo-documentaire, avec caméra portée, improvisations des comédiens et gros
grain à l’image. Il assume au contraire pleinement le statut fictionné de son film, contrairement à "La dernière maison sur la gauche" par exemple, qui puisait une
grande partie de son impact sur son réalisme cru. "I spit on your grave" est donc un film ô combien déroutant, l’un des plus marquants fleurons d’un sous-genre insolite et
parfois douteux connu sous l’appellation de rape revenge. Le slogan de l’époque ne reculait devant aucune démesure : « Cette femme vient de découper, hacher, écrabouiller et brûler
cinq hommes jusqu’à les rendre méconnaissables… Mais aucun jury américain ne la condamnera ! »
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
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