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"Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris." Bertrand Tavernier

Le Nouvel Hollywood, le contexte historique et politique : cliquer ici.

Le cinéma américan des 70's
selon Jean-Baptiste Thoret

"Recut trailers 70" : le cinéma américain des années 70
en 5 bandes annonces imaginaires concoctées par Arte

 


Un petit aperçu en images (chanson : "Amoreena", Elton John, 1971 *)


* que l'on entend dans la scène d'ouverture d'"Un après-midi de chien"

Le Nouvel Hollywood, c'est une période : 1967-1979, qui pourrait être scindée en 2 phases :

1967 "Bonnie and Clyde"
Bonnie and Clyde 1


1967-1971
le moment
de l'euphorie,
de la dépense,
de l'explosion



1972-1979
le moment
 du désenchantement,
de l'épuisement,
du refroidissement

1980 "La porte du paradis"
 

Concernant la seconde phase, période de doute et de repli, les causes doivent être trouvées à la fois dans :
- l'essouflement des mouvements contestataires et de la contre-culture,
- la fin de la guerre du Viêtnam et de la conscription,
- les scandales politiques et la récession économique.

Le Nouvel Hollywood, ce sont des films dont les traits communs sont :
• une sympathie pour les marginaux : les histoires du Nouvel Hollywood ne se déroulent pas dans un monde idyllique et hermétique, mais font place à une vision réaliste des individus et de leurs problèmes ; on ne monte pas les protagonistes en héros, mais on interroge et analyse leurs actions et leurs motivations ; beaucoup d'entre eux se heurtent aux réalités sans trouver de remèdes, ou finissent par leur échec - souvent fatal - en martyrs d'un « système » qui les a moralement vaincu ;

  Panique à Needle Park

• un rapport frontal au sexe et à la violence ;

   

• un scepticisme chronique à l'égard de toute forme d'autorité : les représentants de l'autorité (Etat, famille...) sont corrompus, psychopathes, comploteurs ; les hommes de pouvoir, les hauts placés s'érigent en banqueroutiers moraux, et derrière des apparences de bienséance, ils conduisent des manœuvres opaques dignes des services secrets menaçant des citoyens moyens inoffensifs ; le Nouvel Hollywood reflète l'état d'insécurité et de paranoïa de l'ère du Viêtnam et du Watergate ;

• un goût pour la relecture et la déconstruction critique des genres classiques du cinéma américain comme le western ou le film noir ; le Nouvel Hollywood renouvelle ces genres ou les "déconstruit" en s'affranchissant de leurs conventions ;

Le Privé

• un irrespect systématique à l'égard des règles classiques de l'intrigue et de l'évocation chronologique des événements ;
• un doute sur les motivations des personnages et, partant, un jugement moral (souvent) relégué au second plan ;
• un dévoilement du cinéma comme médium qui rend visibles les mécanismes de fabrication du film ;
• une volonté de substituer à l'horizon artificiel du cinéma hollywoodien et des réponses qu'il apporte, la beauté d'un parcours incertain qui s'achève par une série de questions ouvertes à l'intelligence du spectateur.

Le Nouvel Hollywood, ce sont des réalisateurs

Parmi ceux-ci, 2 précurseurs selon Jean-Baptiste Thoret :
• Robert Aldrich, metteur en scène d'"En quatrième vitesse" (1955), qui a ouvert la voie du cinéma du complot et de l'asphyxie
• Don Siegel, metteur en scène de "L'invasion des profanateurs" (1956), qui a ouvert la voie du cinéma de la paranoïa et de l'effacement
 

 

Qui sont ces réalisateurs du Nouvel Hollywood ? D'où viennent-ils ?

Ils viennent

→ d'écoles de cinéma (ils sont appelés movies brats), de départements de cinéma d'universités - USC (Université de la Californie du Sud) de Los Angeles, UCLA (University Of California, Los Angeles), université de New York : Brian De Palma, John Carpenter, George Lucas, Paul Schrader,  Francis Ford Coppola , Martin Scorsese ;
du théâtre : Arthur Penn, Monte Hellman ;
du documentaire ou des newsreels : William Friedkin, George A. Romero, Wes Craven ;
de la télévisionRobert Altman, qui dirige de nombreux épisodes de séries célèbres comme Bonanza ou encore Alfred Hitchcock présente ;
de la photographie : Jerry Schatzberg, l'un des plus brillants photographes des années 60, notamment pour Vogue et McCall's ;
de la critique : Peter Bogdanovich
 ;
de l'"écurie" Corman : Roger Corman, formidable dénicheur de talents, a lancé, fait débuter presque tout le cinéma d'américain d'aujourd'hui, en produisant en particulier les réalisateurs suivants :
• Martin Scorsese, avec
"Bertha Boxcar"
• Francis Ford Coppola, avec son 1er long métrage "Dementia 13"
• Monte Hellman, avec
"Cockfighter/Born to kill"
• Joe Dante, avec "Hollywood Boulevard" et "Piranhas"
• Peter Bogdanovich, avec "Voyage to the planet of prehistoric women"
• Jonathan Demme, avec "Cinq femmes à abattre" et "
Colère froide"
On peut également citer :
Jack Nicholson : Roger Corman lui offre son premier rôle au cinéma dans "The Cry Baby Killer" de Judd Addiss, puis le fait tourner dans ses propres films, dont "La petite boutique des horreurs" et "Le Corbeau". Il l'engage également comme scénariste pour "The Trip" ;
Peter Fonda : Roger Corman le fait tourner dans "Les anges sauvages", puis "The Trip".

Ce sont, pour certains, des producteurs associés :
• Bob Rafelson, qui fonde en 1969, avec Bert Schneider et Steve Blauner, BBS Productions, qui produiront "Cinq pièces faciles", "Vas-y, fonce", "La dernière séance" et "The king of Marvin Gardens" ;
• Francis Ford Coppola et George Lucas avec American Zoetrope, société de production créée en 1969 ;
• Francis Ford Coppola, William Friedkin et Peter Bogdanovich avec la Directors Company ("Société des Réalisateurs") fondée en 1971.

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