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Avant-propos |
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I - Le sang des
majors
Les grands studios américains commencent à représenter de plus en plus explicitement la violence à l'écran. Echos des événements tragiques qui secouent l'Amérique à la fin des années 60
(l'assassinat de JFK, par exemple), 2 films symbolisent cette évolution :
• "Bonnie and Clyde", avec notamment le massacre final ;
• "La horde sauvage", avec les massacres qui ouvrent et closent l'intrigue.
Tout en renouvelant l'esthétique des genres auxquels elles appartiennent (le film criminel et le western) - ce en quoi ils doivent être considérés comme précurseurs du cinéma américain des années
70 -, ces 2 oeuvres, controversées à leur sortie (voir ce qu'on écrit par exemple les critiques Bosley Crowther et Joe Morgenstern), exerceront une influence durable sur la représentation de la mort à l'écran. Elles font franchir une étape décisive au
cinéma grand public, le préparant aux grandes mutations des années 70.
II - La légitimation du gore
L'autre film de cette fin de décennie qui jouera un rôle clé dans cette évolution : "La nuit des morts vivants". Ce film d'horreur
sortira le gore du ghetto grâce à la reconnaissance d'un large public. Le nombre des scènes proprement gore est limité, elles ne constituent pas une fin en soi ; mais elles s'intègrent
parfaitement aux choix de mise en scène (ne pas couper quand les zombies commencent à manger la chair de leurs victimes).
III - Le gore à l'assaut de Hollywood
Le début des années 70
3 films s'appuient sur de nombreuses scènes sanglantes pour dénoncer les horreurs de la guerre du Viêtnam. La référence est transparente, bien que l'action du 1er se situe pendant la guerre de
Corée et celle du 2ème, pendant la seconde guerre mondiale, et que le 3ème traite de l'extermination des Indiens à Sand Creek.
• "M*A*S*H" : corps sanguinolents transportés par des hélicoptères, giclées de sang des blessés dans les scènes chirurgicales (5 opérations sanglantes au total)...
• "Catch
22" : le choix est inverse, puisqu'à la quantité, la répétitivité des effets gore, est préférée leur intensité (corps coupé en deux,
plan sur des tripes...).
• "Soldat bleu"
: cf. le carnage final, avec ses images de mutilation.
Le milieu des années 70
• "Taxi driver", avec le carnage final, dont les effets
sanglants ont été élaborés par Dick Smith, responsable des trucages du "Parrain" et de "Voyage au bout de l'enfer", et surtout connu comme le maquilleur vedette de "L'Exorciste".
La fin des années
70
Evolution du gore dans le cinéma américain : pour impressionner un public de plus en plus accoutumé aux bains de sang, les réalisateurs ne peuvent plus se contenter de la facilité d'effets
révulsifs et galvaudés. En témoignent les 2 films suivants :
• "Apocalypse Now",
où le motif de la décapitation (cf. les têtes coupées empalées sur des piques) renvoie à l'histoire de la tête de cheval dans "Le Parrain".
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IV - Superproductions horrifiques pimentées de gore
Les majors vont se mettre à en confectionner. La nouvelle politique des grands studios est en effet
la suivante : réalisateurs et comédiens non spécialisés dans l'horreur, voire comédiens ayant acquis une solide réputation au théâtre ou dans le cinéma d'auteur et réalisateur déjà récompensé
d'un Oscar ; bref, un générique prestigieux.
Enfants démoniaques
• "La Malédiction" : cf. son spectaculaire effet gore,
une décapitation par une grande plaque de verre, filmée au ralenti.
• "L'Exorciste", film dont les séquences gore sont regroupées pour la plupart dans son ultime tiers, au moment de la fameuse
scène d'exorcisme.
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Monstres |
V - Les spécialistes de l'horreur gore
En marge de cette politique des grands studios, de jeunes cinéastes se spécialisent dans l'horreur, et le gore leur ouvre de nouvelles perspectives.
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Wes Craven • "La colline a des yeux" (cf. les images gore du berger allemand éventré, celles d'un couteau enfoncé dans une cuisse et le plan sur un pied mordu jusqu'à l'os) • "La dernière maison sur la gauche" |
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Brian De
Palma
• "Soeurs de
sang" : son premier thriller horrifique, où la représentation du sang renforce la brutalité des meurtres.
• "Furie" : cf. les incessants saignements de nez provoqués par Amy Irving jusqu'à la gigantesque explosion de sang de la
fin.
• "Carrie au bal du diable", où le réalisateur fait du
sang le "fil rouge" de sa dramaturgie, tous les rebondissements dramatiques de ce film étant provoqués par des écoulements de sang, des règles au déversement du baquet de sang de cochon.
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George A. Romero • "Zombie", suite de sa "Nuit des morts vivants"
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• "Martin", film où le sang est au coeur de sa thématique, puisque son protagoniste, se prenant pour un vampire, suce le sang de victimes dont il a préalablement
tranché les veines avec une lame de rasoir...
◊ Le cinéma gore américain des années 80 : les
mutations
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