| titre original | "Death race 2000" |
| année de production | 1975 |
| réalisation | Paul Bartel |
| production | Roger Corman |
| interprétation | David Carradine, Sylvester Stallone, John Landis |
| récompense | Licorne d'or au Festival international de Paris du film fantastique et de science-fiction |
| remake | "Course à la mort", Paul W.S. Anderson, 2008 |
| ne pas confondre avec | "Les gladiateurs de l'an 2000", avec David Carradine également |
La chronique de Nanarland : cliquer ici.
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
L'idée de "La course à la mort de l'an 2000" est d'abord née sous forme d'une courte histoire écrite par Ib Melchior. Roger Corman se la réappropria, envisageant d'en faire un
thriller futuriste sérieux. Mais à la réflexion, un traitement humoristique lui parut mieux servir les thématiques du film, et c'est dans cette voie qu'il poussa les scénaristes Robert Thom et Charles Griffith.
En l'an 2000, les Américains sont passés par bien des années de disette, de dépression et de guerre. L'une des grandes attractions est désormais la « Course Transcontinentale », à laquelle
participent les véhicules les plus fous, bricolés et transformés en machines de mort par leurs pilotes. L'enjeu de cette course, qui n'est pas une simple compétition de vitesse, est de massacrer
le plus de spectateurs et de badauds possibles. Les points se comptent en cadavres, les enfants et les vieillards rapportant les plus grandes mises ! L'un des coureurs favoris est, comme toujours, le dénommé Frankenstein (David Carradine). Mille fois accidenté, mille fois refait et recousu, toujours masqué.
Sans compter que Frankenstein est un ami intime du tout-puissant président, un parfait dictateur qui encourage chaque année cette compétition impitoyable. Face à Frankenstein concourt «
Mitraillette » Joe Viterbo (Sylvester
Stallone), un dur qui n'a rien à envier à son concurrent. Mais cette année, un groupe de résistants va tenter de saboter la course et de renverser le gouvernement. Parmi
eux se trouve Annie Smith (Simone Griffeth), la coéquipière de Frankenstein, qui va tenter de lui porter le coup fatal.
Contemporaine de "Rollerball", avec
lequel elle présente bon nombre de points communs, cette "Course à la mort de l'an 2000" est aussi une préfiguration satirique et futuriste de "L'équipée du Cannonball" (1981) tout en s'inspirant visiblement du fameux cartoon "Les fous du volant" d'Hanna et Barbera (1968). Il faut dire que le film de Paul Bartel s'amuse à faire concourir les
individus et les véhicules les plus excentriques qui soient (principalement des Volkswagen entièrement redécorées). En plus de Frankenstein (tout de noir vêtu et capé comme un super-héros du plus
bel effet) et de Joe Viterbo (aux allures de gangster des années 30), on trouve ainsi Néron (dont la coéquipière arbore un décolleté affriolant), Calamity Jane (et sa voiture-taureau), et même un
couple de nazis.
Le film, pétri d'humour noir et n'épargnant pas les morts sanglantes tout au long de sa
course folle, s'amuse aussi à passer au vitriol le sport, la politique et la télévision. Quelques peintures sur verre maladroites, conçues à bas prix par le studio de Roger Corman, permettent
de transformer un stade normal en tribunes futuristes. Toujours ingénieux lorsqu'il s'agit de faire des bénéfices, Corman revendit à un musée de l'automobile la plupart des voitures customisées
spécialement pour le film, pour trois ou quatre fois leur prix initial.
Lors de sa ressortie sur les écrans français dans les années 80, "La course à la mort de l'an 2000" fut rebaptisé "Les seigneurs de la route"
en axant tout le matériel publicitaire sur Sylvester
Stallone, mué entre-temps en superstar grâce à "Rocky" et "Rambo".
Autres films de carsploitation américains des années 70 : cliquer ici.
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
• Hollywoodland, mode
d'emploi
• Liens cinéma
• Copinage