| titre original | "Westworld" |
| année de production | 1973 |
| réalisation | Michael Crichton |
| scénario | Michael Crichton |
| interprétation | James Brolin, Yul Brynner |
T-shirt à commander sur lastexittonowhere.com.

L'avis des frères Coen
C'est l'"Avatar" du western ! Un film où les cow-boys sont des robots assassins ! On a toujours adoré ce genre de séries B. On aime davantage Yul Brynner ici que dans "Les sept mercenaires".
Pareil avec Dean Martin : on le préfère dans "Texas, nous voilà", une comédie western avec Alain Delon, que dans "Rio Bravo", un très bon film, il faut le reconnaître. Notre truc, ce sont les
films qui sortent de l'ordinaire par leur fantaisie ou leur folie. "Johnny Guitar", par exemple, est un western totalement délirant, avec des acteurs complètement cinglés : Joan Crawford,
Sterling Hayden... On est persuadé qu'il a été produit pour détendre une atmosphère alors trop lourde à Hollywood. Il fallait casser les codes et se lâcher.
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Remarquable film de science-fiction sur le monde des robots que reprendra Crichton,
metteur en scène et scénariste, dans "Runaway,
l'évadé du futur".
Un coup de maître : transformer le Yul
Brynner des "Sept mercenaires" en robot.
Cette fois, Brynner est excellent !
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
C'est en découvrant le buste animatronique d'Abraham Lincoln dans un parc Disney que l'écrivain Michael Crichton eut l'idée de "Mondwest". Son envie initiale fut d'en tirer un roman, mais le potentiel cinématographique d'un tel sujet le
poussa à en écrire un scénario, la MGM acceptant de lui en confier la réalisation à condition qu'il ne dépasse pas un budget d'1,5 million de dollars.
"Mondwest" se déroule dans un futur proche. La robotique ayant atteint des progrès considérables, les riches touristes ont désormais la possibilité de passer des vacances originales à
Delos, un complexe de loisirs dans lequel les androïdes remplacent les humains. Trois univers ultra-réalistes s'offrent aux clients : le Moyen-Age, la Rome antique et le Far West. C'est cette
dernière option que choisissent Peter (Richard Benjamin) et John (James Brolin), deux businessmen de Chicago en mal de sensations fortes et de dépaysement.
Tous les clichés inhérents au western y sont réunis, et Michael Crichton en profite pour
aborder frontalement un genre cinématographique qui lui tient à cœur (ce que prouvera "La grande attaque du train d'or" qu'il réalisera quelques années plus tard).
Bientôt, nos deux hommes sont défiés par un tireur solitaire, incarné avec froideur par Yul Brynner, lequel arbore exactement le même look que dans "Les sept mercenaires". Il s'agit bien entendu d'un robot, que l'on peut abattre impunément, puisque les techniciens de Delos réparent les machines toutes les nuits afin
de les rendre opérationnelles dès le lendemain. La mise en scène alterne d'ailleurs des séquences très cliniques situées dans les centres de contrôle immaculés avec les vacances bigarrées des
différents protagonistes. Voir ces hommes en blouse blanche déclencher avec un sérieux papal une bagarre de saloon ou une séquence de séduction médiévale a quelque chose de délicieusement
surréaliste. Mais bientôt, une avarie se manifeste. Les pannes chez les robots, minimes et
conformes aux prévisions jusqu'alors, s'avèrent de plus en plus fréquentes. « Nous avons affaire à un processus qui rappelle une maladie infectieuse se transmettant de station en station »,
constate un scientifique. « Une psychose mécanique ? », avance un de ses confrères. Probablement, car les robots se mettent bientôt à agresser les touristes, quand ils ne les tuent pas purement
et simplement. La panique s'empare alors des humains, soudain impuissants face à cette révolte imprévue. Gisant dans un ruisseau, le trône d'une statue antique crée dès lors l'analogie entre la
chute de l'Empire romain et celle d'une civilisation moderne trop confiante en sa technologie.
"Mondwest" porte en germe les thèmes de "Jurassic Park", narrant lui
aussi la catastrophe provoquée par le dysfonctionnement d'un parc d'attractions futuriste. Quant à Yul Brynner, inoubliable en robot tueur opiniâtre au regard infra-rouge, il servit
sans nul doute d'inspiration à James
Cameron et Arnold
Schwarzenegger pour la création du cyborg assassin de "Terminator".
Réussite indiscutable et succès immédiat, "Mondwest" incita Crichton à
poursuivre ses expériences de metteur en scène avec des œuvres aussi passionnantes que "Morts suspectes", "Looker/Vidéo-crime" ou "Runaway, l'évadé du
futur".
Autres westerns américains des années 70 : cliquer ici.
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
• Hollywoodland, mode
d'emploi
• Liens cinéma
• Copinage