| titre original | "The giant spider invasion" |
| année de production | 1975 |
| réalisation | Bill Rebane |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Œuvre culte pour les uns, nanar indécrottable pour les autres, "L'invasion des araignées géantes" est un film pour le moins ambitieux, sérieusement réfréné hélas par des moyens
plus que limités.
Le récit s'amorce par un postulat science-fictionnel des plus hasardeux. L'ouverture d'un trou noir dans l'espace provoque en effet une pluie de météorites qui s'abattent sur la
Terre, juste derrière une ferme du Wisconsin, via un trucage optique des plus hasardeux. Des couleurs psychédéliques et des lumières mouvantes maladroitement incrustées derrière la maisonnette
symbolisent en effet ce crash venu d'outre-espace. Le couple de fermiers découvre dans les bois avoisinants des dizaines de pierres rondes qu'ils ramènent chez eux.
En les ouvrant, ils y trouvent avec joie des myriades de diamants. Ce qu'ils ne voient pas, en revanche, sans doute aveuglés par l'appât du gain, c'est que chaque pierre abrite une tarentule qui
s'en extrait lentement et part se cacher aux quatre coins de la maison. Les premières séquences de suspense, au cours desquelles les bestioles velues rampent à deux pas des humains qui ne les
voient pas, s'avèrent plutôt efficaces, d'autant que les spécimens choisis sont particulièrement hideux. Mais pour justifier le titre, le réalisateur ne pouvait pas se contenter de tarentules de
taille normale. Il passe donc à la taille supérieure, et là rien ne va plus, car les effets spéciaux ont beaucoup de mal à suivre.
La première « araignée géante » est une espèce de peluche grosse comme un chat qui surgit d'un tiroir, provoquant aussitôt les hurlements de la femme du fermier et les rires du spectateur.
L'infortunée protagoniste s'enfuit de sa chambre, s'empêtre dans une toile au centre de laquelle trône une jolie petite araignée en plastique parfaitement immobile, puis trouve refuge dans la
grange. Là, un amas de poils inerte censé représenter une araignée de la taille d'un gros chien lui tombe dessus. Et le rire du public de redoubler.
Mais ce n'est rien à côté du très gros modèle, c'est-à-dire un arachnide de quatre mètres de long qui démolit une maison, grimpe sur une voiture, avale une ou deux personnes puis sème la panique
dans la fête foraine du coin. Le monstre est en fait une espèce de marionnette mécanique de
foire, mue par une Volkswagen, qui agite ses pattes en tous sens. Si la bébête fait presque illusion dans les plans lointains et furtifs où elle se déplace en pleine campagne, elle
manque singulièrement de conviction dans les gros plans, notamment à cause de ses deux grands yeux sphériques et blancs pas crédibles pour un sou. A vrai dire, le trucage n'est pas beaucoup moins
efficace que celui utilisé pour les fourmis géantes des "Monstres attaquent la ville", mais nous étions alors en 1954. Vingt ans plus tard, les
spectateurs étaient en droit d'espérer des effets plus sophistiqués.
Le monstre est finalement éliminé par les flammes, et se met alors à fondre en une série de gros plans dégoulinants. Vaguement calquée sur "Tarantula !", cette
mise à mort surréaliste met un point final à ce film bizarroïde, hésitant sans cesse entre l'horreur des années 70 et la science-fiction des années 50 sans parvenir à se décider.
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