| titre original | "The Hellstrom chronicle" |
| année de production | 1971 |
| réalisation | Walon Green et Ed Spiegel |
| récompense | Oscar du meilleur film documentaire |
Article du 28 novembre 2009 de Nachthymnen pour le site "Agressions animales"
Ce documentaire-fiction animalier, tributaire de plusieurs prix dont l'Oscar du meilleur documentaire en 1972, est fascinant en plusieurs points. Présenté à l’époque comme une production de
science-fiction par son distributeur, "Des insectes et des hommes" aura même eu droit à une sortie en salle, chose tout de même assez rare en ce qui concerne ce type de
production.
Si l’on jette un œil à la distribution, en tant qu’amateur de cinéma fantastique, certains noms ne devraient pas nous échapper. Réalisé par Ed Spiegel et
Walon Green (ayant travaillé comme scénariste sur "RoboCop 2", quelques épisodes de "Millenium" et d’autres séries télévisées), scénarisé par David Seltzer ("Prophecy", "La Malédiction", etc.),
"Des insectes et des hommes" se rapproche également du monde du cinéma à travers une bande son absolument unique et étrange de Lalo Schifrin ("L'inspecteur Harry", les thèmes de
"Mission : impossible", "Mannix" ou encore "Starsky & Hutch"). Mais surtout, toutes les séquences filmées mettant en scène les insectes sont dues à Ken Middleham, qui nous offrira quelques
années plus tard les superbes images des films "Bug" et "Phase IV". Enfin, l’acteur jouant le rôle du professeur Hellstrom n’est autre que Lawrence Pressman, aperçu entre autres dans "Shaft", la
version Disney de "Mighty Joe Young" ou d’innombrables séries télé.
A la fois fasciné et hypnotisé par ces superbes passages nous présentant des insectes de toute espèce, c’est avec émerveillement que l’on suit le récit
de l’entomologiste Hellstrom, nous contant l’extraordinaire capacité de survie des espèces présentées à l’écran. Contrairement à l’homme, ces dernières font preuve de capacités d’adaptations hors
normes, leur permettant de survivre à tout type d’agressions, des catastrophes naturelles aux radiations atomiques en passant par diverses pollutions… Les insectes réussiront là où l’homme aura
échoué.
Le ton est volontairement alarmiste, les bruitages exagérés rappellent les films de science-fiction des années 50, de courts extraits de "Them!" Ou
encore de "The Naked Jungle" viendront d’ailleurs nous conforter dans ce sens. Une caméra cachée appuie également cette vision qu’ont les hommes des insectes, montrant la peur ou la surprise d’un
individu face à un insecte dans un leu où l’on ne l’attend pas (supermarché, restaurant, etc.). La nature n’est ici pas magnifiée, c’est un monde cruel dans lequel seule compte la survie, et si
l’homme à un rôle à y jouer ici, il est insignifiant aux yeux des insectes, qui finissent par s’adapter et contourner tout ce que l’arrogance de l’homme cherche à mettre en place alors qu’il
s’impose à la nature.
Le travail sur la photographie et le montage sont bluffants, on assiste à des combats de fourmis hallucinants, qui ne sont sans doute pas étrangers aux
descriptions précises de Bernard Werber décrites dans sa trilogie, l’immersion dans la termitière est fantastique, et leur combat contre des fourmis venues en découdre est superbement mis en
scène. Termites, criquets, fourmis, chenilles, abeilles, mouches et d’autres, nombreux sont les insectes invités à la fête.
"Des insectes et des hommes" est un peu l’anti-"Microcosmos", aussi beau visuellement mais terriblement pessimiste et alarmiste, et
finalement bien plus inquiétant que de nombreux films cherchant à retransmettre ce sentiment d’impuissance de l’homme face à la nature.
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |
• Hollywoodland, mode
d'emploi
• Liens cinéma
• Copinage